samedi, 31 mai 2008
Roxanne
De l’autre coté de la bruyante Bastille, il avait loué quelques mètres carrés, de quoi poser un zinc, un rideau rouge, quelques tables. Je l’ai souvent aperçu distribuer des tracts Chemin Vert. Parfois pendant le récital, l’un des deux projecteurs plongeait la scène dans cette si étrange pénombre qui teintait l’endroit comme il aimait, cette chaleur si particulière. Le voisinage était fou de rage alors, pour le calmer, il faisait parfois venir d’autres artistes, des peintres, pour organiser des vernissages à l’heure du thé où il était convié et très bien reçu. Mais les plaintes s’entassaient quand même, le plongeur oubliait trop souvent d’y être, Jacqueline aussi, il devait être alors sur tous les ponts. Quand la fatigue se faisait grande, les verres se remplissaient trop généreusement, les clients lavaient eux même les tables, la vaisselle, se servaient derrière le bar pendant que lui dans le cagibi près de la réserve qui servait aussi de loge, il apportait un verre de bordeaux ou une vodka à celui ou celle qui allait monter sur scène. Parfois, aux beaux jours, la soirée se prolongeait tard sur le bord du trottoir, il savait que la facture serait lourde mais l’endroit ne désemplissait pas. Un jour, une espèce de blondinet, la cinquantaine tassée, lui a fait le coup. Quatre heures du matin, félin, l’animal, à capela, baryton, « Roxanne. » Il y eut, je me souviens du champagne pour tout le monde. Puis un jour Bidouille le petit est chat est mort. Il dut aussi quitter la rue du Buisson Saint Louis, décrocher le rideau rouge et revendre le zinc à un livreur de pizzas. Au petit matin, sur les quais, quand il décharge les camions à Rungis, il entonne avec cœur, « This land is your land » comme pour se donner du courage, oublier le ton menaçant des contremaîtres qui lui reprochent de traîner, de trop rêver, une éternelle clope prisonnière dans l’étau de ses lèvres tremblotantes dans le matin glacial d’un jour de novembre. A dix heures, il s’offre quelques bières, puis il y retourne avant d’enfourcher son vieux Vespa pour rejoindre un dortoir bord de périphérique où ils logent à trois, parfois à six. Jacqueline lui refile parfois des tickets restos, le plongeur vient souvent dîner et dans l’étroite cabine de douche au bout du couloir, parfois, quand ils sont très heureux, ils, tout habillé, s’enferment pour chanter en canon « Roxanne. » Les bouteilles de sangria de deux litres que vend le discounter du coin coulent comme coula autrefois... Souvent, comme pour un réveil, brutal, il restait quelques très longues minutes encore seul sous une douche , froide...
13:45 Publié dans Zoom | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : nouvelles et textes brefs, vespa, bidouille, roxanne
vendredi, 30 mai 2008
Merci pour mon chronomètre !
Tu sais, pour comprendre l'histoire du chronomètre, nouvelle note...J'ai laissé dans un salon un message sur la table , en évidence, of course . Pourtant un jour, il y a 25 ans, j'ai posé, nu, mais pour des étudiants dans une école d'art . Mais il y a vingt cinq ans, aujourd'hui , ce n'est plus possible !
Alors dans ce salon, j'ai laissé ce message :
"Un type de talent avec un pola a souhaité me numériser de haut en bas et de bas en haut...J'ai hésité puis , comme le travail est pas mal, beaucoup mieux que le sujet , voilà , me voilà, nu , entièrement"
J'ai quelques visiteurs de plus mais même nu, en photo, ça ne marche pas !
illustration Manuel Vich " homme nu"
11:04 Publié dans nature morte | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : de l'amour, de l'art et du cochon !
jeudi, 29 mai 2008
Ne me demandez pas où je vais qui je suis
Mon 22 à Asnières est incroyable , il coupe la séance au bout de 1200 heures !
J’ai du rêver trop fort , Je me suis dessiné Epidaure, Orange, puis aussi un soir au Châtelet , un triomphe, pour me retrouver sur la colline de Pausillipe à me peindre la ville , la baie , Naples. J’ai du aussi être romantique , comme au temps du cinéma italien , j’ai joué dans bien des rôles, mon ciné club.
Il y a souvent entre deux prises , le temps d’un changement de décor, un raccord, lumière ou maquillage, un vinyle qui se laisse caresser avec jouissance par mon saphir inusable : un jeune contre-ténor dans Frescobaldi , Barbara Strozzi , des airs aussi de Serse et d'Ariodante . Un malin à paillettes me swinguait autrefois que « c'est l'heure des privilèges, l'heure du silence appuyé qui s'installe en maître comme un grand roi sur son siège. Vous vous couchez elle se lève. Elle c'est dans le noir qu'elle voit, c'est dans 1'ombre qu'elle commence à glisser sur les tuiles des toits, c’est la nuit… » Rayé, la platine tournait mais le bras de l’engin ne quittait pas le sillon , la chanson n’était pas la mienne, pour moi, pardon, je me répète, elle est américaine. Sur mon piano à mots, j’ai cru pouvoir raconter mes trésors, Milan ou la ville de Sienne, me taire , souffrir mais comme j’aime souffrir à l’écoute d’un chant charnel et céleste , trouver un autre bateau, une danse, un soleil chaud, une autre terre , des armes pour …Mais j’ai du répondre et j’y suis resté 1200 heures . Certes, mon opérateur a coupé mais il est trop tard , je suis réveillé , mon chronomètre s’est enclenché …
15:56 Publié dans Alka-Seltzer | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
mardi, 27 mai 2008
Sur les bords arides d’un fleuve lointain j’ai du commettre un crime, un petit matin, j’ai , depuis, peur de mes réveils !
La pluie tombait dru sur les toits en cette fin de mai comme si ,ici aussi , la mousson pouvait s’annoncer. Il avait laissé la fenêtre de la chambre grande ouverte sous laquelle il avait calé la petite table , et tout en se roulant une première cigarette, nu sous sa serviette, debout, face à son sommeil, il avait espéré, même si le café devait être froid, encore un peu, qu’elle ne se réveille pas.
Sur les bords arides d’un fleuve lointain j’ai du commettre un crime, un petit matin, j’ai , depuis, peur de mes réveils…Il aimait cette phrase qu’il se répétait parfois, comme aujourd’hui, la première d’un livre, son dernier disait il , quand elle s’endormait sur son transat en bois de Keruing face à l’océan qui l’a bordait . Elle avait souhaité que ses cendres soient dispersées dans le Pacifique , que la paix revienne aussi, s’il te plait, l’avait elle supplié , au moins ce jour, le jour,avec tes frères.
La corbeille était pleine, il aurait aimé lui trouver un pitaha lui avait il marmonné et tandis qu’il tirait une autre taffe de son tabac brun derrière lequel il essayait de se camoufler dans un nuage bien trop transparent , elle lui avait détaché délicatement la serviette qui l’entourait pour caresser sa peau, ses yeux , respecter les silences . Il était nu, face à elle, contre elle, la tête posée sur ses seins lourds . Dehors, les pluies de la mousson arrosaient généreusement les bruits de la ville, de l’autre coté du mur le speaker était devenu muet, sur le bord de la petite table de bois calée contre la fenêtre , comme sur un Conga fantôme, elle... pour qu’il , pour qu’ils…
illustration " petit déjeuner" Manuel Vich
13:08 Publié dans Raconte moi... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : aigrette neigeuse, pitaha, nouvelles et textes brefs
dimanche, 25 mai 2008
La baigneuse
09:47 Publié dans J'adOre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : fernando botero
samedi, 24 mai 2008
Astoria, Queens, NY
J’ai vu, fragiles, tes doigts crayonner sur des cartons, des décors incroyables pour un music hall sur Broadway qui te faisait des promesses, ils ne voyaient jamais le jour. Comme dans une pub presque à la mode aujourd’hui, nous nous sommes souvent retrouvés presque en sous vêtements devant nos machines à laver de la laundry du coin . Je regardais défiler des infos sur une télévision suspendue au plafond, tu crayonnais encore enveloppée dans une couverture de fortune.
Un jour j’ai trouvé dans mon sac à linge sale, un de tes cartons sur lequel tu avais dessiné une vieille maison en hauteur et derrière tu m’avais laissé pour adresse : Astoria, Queens, NY.
En fait, je ne t’ai jamais trouvé.
J’ai cru reconnaître la vieille maison en hauteur au coin de la 12 ème rue de la 31 ème avenue mais la vieille femme, une pakistanaise, qui m’ouvra la porte, avait acheté la maison à des italiens il y a déjà très longtemps et n’avait jamais entendu parler de toi.
Je suis souvent retourné au laundry où nous avions nos habitudes , j’ai du avaler des heures de programmes de télévision indigestes , je me suis aventuré quelque fois dans Broadway à la porte des grands cabarets aux heures où les camions livrent les décors, je me suis goinfré de pancakes à toutes les sauces puis j’ai fini par t’oublier .
Un jour, je me suis acheté une machine à laver à la signature de mon premier contrat et je ne sais pas pourquoi, je suis retourné le jour même de la livraison m’asseoir sur le stool vert pomme où autrefois en caleçon je regardais défiler des infos pendant que tu crayonnais.
J’ai trouvé des couleurs si particulières aux dernières feuilles des arbres qui tapissaient les chemins dans Battery Park et je suis revenu souvent m’appuyer contre le marronnier, mon dernier automne, ma dernière saison, ici, à Manhattan.
C’est en retrouvant l’un de tes cartons, un gigantesque décor pour un opéra moderne, fixé au mur du bureau de l’un de mes agents que j’ai su qu’au beau milieu de la foule tu t’étais , une première fois , effondrée , un dimanche après midi et que la Pakistanaise qui t’hébergeait illégalement avait trop tardé avant d’appeler des secours lorsqu’une seconde fois , du haut des escaliers de la vieille maison en hauteur tu t’étais effondrée, pour toujours.
Il parait que ce marronnier tu l’adorais et qu’en automne, tu y restais des heures à crayonner, dans Battery Park.
En fait, je ne t’ai jamais trouvé.
07:51 Publié dans Zoom | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : broadway, battery park, manhattan
vendredi, 23 mai 2008
Solange , je bande !
Solange venait de louper son train et d’m’envoyer aussitôt un little message incompréhensible sur mon vibro , histoire de me rassurer !
Mais , Solange, moi je n’ai rien loupé, je n’ai simplement même pas cherché à y aller , je suis encore nu sous ma couette et c’est pas si grave, nous déjeunerons ensemble vendredi à la prison .
Quoi ? Tu m’invites dans un truc hors de prix manger des pâtes qui ne baignent pas, elles, dans du beurre et de l’eau depuis ten o’clock ?
Oui, nu !
Bah non, seul !
Tu veux me rejoindre ?
Bon, ok, à demain , 13 heures, chez ton Auguste Gusteau !
Quoi ?
Solange, tu m’excites à me raconter des trucs aussi cochons au téléphone … Ceci dit, sauf erreur, il fut un temps où Jack, avait du faire le même genre de connerie en décorant John Rambo de je ne sais plus quoi .
Céline Dion faite chevalier de la Légion d'honneur par Nicolas Sarkozy …tu m’excites Solange, vraiment…t’es quand même vachement pipole !
Hey, tu sais quoi, ils veulent m’équiper d’un nouveau gadget à la con qui me permettra d’être joignable encore plus rapidement qu’avec mon vibro et en plus je vais pouvoir recevoir tous les mails urgents du boulot directement …dans mon RER , en arrosant mon persil sur mon balcon, sur mon sanibroyeur, nu sous ma couette , nu sur ma couette, chez le barbier…etc…
J’ai cru qu’en plus que mon boss qui était tout content de se masturber devant moi, me faisant une trop longue démonstration de son engin, avec son propre gadget, allait me chanter un truc aussi débile que « la France ayant changé, ceux qui réussissent sont les bienvenus ici ».
Bon, de toute façon, je ne suis pas Dion, je ne suis pas aussi sportif qu’elle , mes cordes vocales ne sont pas athlétiques et quant à ma réussite …euh…ma Roll’s est morte, je n’ai même pas de quoi lui organiser un enterrement , elle … seule au monde, sur le parking des anges de l’industrie pétrolière …
Tu sais Solange, il y a un coroner qui la nuit vient récupérer parfois des pièces certainement pour les examiner dans un laboratoire car depuis quelques jours, comme une autopsie, vraiment, bientôt méconnaissable…Ce qui est dingue, c’est que j’ai rien demandé et qu ‘en plus, je ne connais même pas ce légiste ! Enfin bref, nous parlions de réussite et c’était pour te dire que ma seule réussite je crois c’est la charlotte aux poires !
Non mais tu imagines le truc, Solange, je suis à 5h00 du mat à me pomponner pour le défilé de mode de la journée, j’accroche mon sourire avant de cavaler pour ne pas louper mon bus qui me mènera à ma ligne D et hop, mon nouveau gadget me pète à la gueule que ce matin il fera 14° , cet apm 21°, qu’il fait presque le même temps à Montpellier pour la journée, que je peux gagner une SMART grâce à du yaourt, mais du yaourt pour les gros ! First message insolent qui déjà m’énervera mais si juste après mon boss a soudainement les hormones en ébullition , il va me gicler à la poire qu’il souhaite une réunion à 18h45 …Tout ça sur le quai de la D , à 6 heures du mat… Il me pète les couilles avec la réussite le pote à Drucker , ce Drucker qui a je crois lancé la Dion. Il aurait du la lancer plus loin, très loin…Non je ne suis pas méchant Solange !
10:18 Publié dans crise hémorroïdaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la charlotte aux poires, prison, rer
lundi, 19 mai 2008
Salsa
Piétiner des caillasses brûlantes , regarder des ciels bas et pour boussole , s’offrir l’impossible même s’il pensait que quelquefois, quelque part, il devait bien exister un dieu qui pouvait le comprendre, le , presque pardonner. Un jour, il avait du s’endormir dans les bras d’un autre, puis un autre, jour, au 3ème sous sol d’un aéroport, mordre , un baiser, baiser, une morsure nécessaire, une cicatrice comme un tatouage invisible, fantôme, un si beau souvenir , bon. Parfois les blessures sont si douces lui avait il raconté. Traquer des mondes incroyables , parcourir des continents, marquer de son empreinte après avoir marqué son territoire, animal, ou laisser un peu de son histoire comme un parfum qui pourrait s’estomper, il savait qu’il y avait du tigre , du tigre de Bengale en lui, prédateur, si tourmenté, mordre, croquer, s’enfuir avant que d’autres, chasseurs , l’anéantisse, le tue. Arsenio Rodriguez était un maître, son maître. Il avait du côtoyer un certain nombre de salseros portoricains et new-yorkais mais il savait faire la différence entre le style de Los Angeles et celui de New York ! Le temps pouvait passer , le marquer, il jonglait . Il pouvait parler pendant des heures d’ Héctor Lavoe , de cette musique à huit temps sur laquelle on exécute six pas, gauche droite gauche, droite gauche…Carnassier, il croquait , la sueur dégoulinait , son corps aux muscles gonflés traçant des veines généreuses qui dessinaient des torrents qui…Il savait prendre la bonne distance, compter les pas comme il fallait, gauche droite gauche, droite gauche droite, s’approcher, se rapprocher , que résonnent sur les quais piano, congas, bongos et trombones pendant qu’hurlaient sur le départ des monstres d’acier , faire des nuits d’été des nuits magiques , il …Regarde moi, regarde moi , crois tu que je suis un loup , ce loup, ce loup blessé, traqué? Regarde moi , avait il insisté, regarde moi s’il te plait, crois tu que… A quatre cent kilomètres de Bogota, c’est là que je suis tombé , à Cali , amoureux de lui. Je l’ai vu danser toute une nuit ,une autre , puis une autre encore et un petit matin, une dernière salsa, une salsa- tango , j’ai compté les pas comme il fallait, gauche droite gauche, droite gauche droite, je me suis rapproché puis …Nous avons dansé encore toute une journée. Je les aime encore, sur les quais, sur le port , danser, ses corps , les mordre , croquer… Regarde moi, regarde moi , crois tu que je suis un loup , ce loup, ce loup blessé, traqué? Je danserai, encore…
06:42 Publié dans Raconte moi... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cali, arsenio rodriguez, piano, congas, bongos et trombones, nouvelles et textes brefs
dimanche, 18 mai 2008
La LuNe EsT rOuGe aUx BrUmEuX hOrIzOnS
Il remontait sur Bilbao.La pluie pleurait sur San Sebastian , une pluie chaude , matinale .Ma tête lourde épousait le carreau crasseux de l’autocar , il y avait au plafonnier des veilleuses encore allumées alors que le jour s’était levé depuis déjà quelques longues heures .Mon bonheur d’être triste s’installait tout doucement, j’ai du entendre fantôme " pourquoi faut- il que les avions s’envolent, que les trains s’en aillent… " puis d’autres voyageurs , quelques arrêts , fréquents, la chaleur, je me suis réveillé 200 km plus tard , un terminus.J’ai récité " la lune est rouge aux brumeux horizons… ".Je me suis souvenu de John o’groats, de bien de tes poèmes mais celui-ci tu y tenais tellement, il te l’avait illustré.
L’endroit perdu étouffait sous le soleil. J’ai vu disparaître dans la poussière l’autocar, d’autres voyageurs , de ma table poisseuse, calée près d’un climatiseur de fortune,j’ai du boire quelques boissons fraîches près d’un néon jaune qui survivait , une publicité pour une marque de bière , je me suis assoupi .
Je ne sais pas si c’est l’odeur de friture, le climatiseur tombé en panne, le feuilleton d’une télévision dans la cuisine qui se terminait par un générique endiablé, la faim , mais je me suis presque réveillé en forme,peut être honteux.
J’ai du louer une cabine de douche , eau glacée sous laquelle je suis resté longuement puis j’ai du passer un tee-shirt noir.Mon autocar est arrivé , j’ai avalé un ou deux cachets , la route était sinueuse, le soleil de plomb, la radio distillait " Every Breath You Take " de Police et deux heures plus tard, je me suis retrouvé devant ta tombe.
J’ai vu une vieille femme qui avait pleurée, quelques habitants du village et sur le marbre de ta pierre tombale il y avait inscrit " la lune est rouge aux brumeux horizons… "
La vieille femme s’est approchée de moi une photo à la main :
- vous, vous êtes Cultu ?
- oui,
- tenez, dans cette enveloppe, vous trouverez une lettre qui vous est destinée, quelques photos, une carte postale, un cahier de poésie dont un poème illustré… par la peinture de son père. Il tenait tant à être enterré ici, près de lui.
C’est seulement à cet instant que je me suis pardonné d’avoir été plus tôt honteux , des images se sont bousculées à une telle vitesse dans ma tête, des images heureuses aussi, qui, ici, cette enveloppe à la main, à ta lecture, m’obligeait à tant de souvenirs .
Je t’aime , putain comme je t’aime pleurait ma bouche sur la lune rouge aux brumeux horizons .
00:34 Publié dans Zoom | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bilbao, every breath you take, cultu
samedi, 17 mai 2008
The show must go on
je,
j'ai,
rein FOUTU !
J'me souviens même plus de mes rêves !
J'ai du voir un boeing 747 se poser en urgence sur une mouche qui faisait du bronzing .Une mouche en moni-kini barbouillée d'huile qui tachait les pages d'un mag télé branchouille autrefois dit culturel . La pauvre , avec sa main baguée en or , souvenir d'une baraque de la fête à Neu Neu , elle tapait sur le sable comme une folle, la carling du navion sur le dos , comme tapent les judokas sur le Tatamis pour dire que c'est bon, ça fait mal, donnez lui sa ceinture noir , il a gagné .
Pauvre mouche, elle croyait que...
Pourtant , des types en smoking ,oreillettes derniers cris, gominés du nombril au cerveau piétinaient à quelques centaines de mètres sur du faux tapis rouge déroulé pour un autre ’évènement , devant des cadreurs qui testaient pour des téloches satellitaires la photo , la bonne , pour la grande kermesse annuelle . Il y avait du soda US et du produit de beauté à gogo à faire roter la planète et camoufler le temps qui passe , les morsures des crabes .
J’ai vu la mouche s’éclipser sans la moindre égratignure de cette catastrophe mondaine et comme cendrillon , laisser en s’enfuyant, sous l’appareil le nez dans le sable , les quelques centimètres du tissus de son mono-kini.
Après je me suis réveillé sous le crépitement de milliers de flashs , un jour, il faudra que je change l’ampoule de la lampe de chevet.
Bardolino , mon amour, je t’aime.
Nous n’irons plus jamais...
22:50 Publié dans Savon | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : bikini, moche, mouche, bardolino

















