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mardi, 01 juillet 2008
Forget me not

Eteindre des volcans, éteindre des volcans…Un jour il faudra graisser la porte , depuis le temps , la porte et les volets , arracher les mauvaises herbes…et le toit, le toit, l’état du toit…Elle hésita entre reprendre un bol de café tiède, se rallumer une cigarette, regarder à nouveau derrière elle , la maison , se taire, continuer à faire comme un inventaire de ce qui n’allait pas , repasser du marron sur ses lèvres, rejoindre son hôtel, les attendre, reprendre un taxi, marcher en dehors des sentiers parce qu’il fallait marcher en dehors des sentiers se souvenait elle, pensant à son sable rouge, le lac et ses terrifiants crocodiles . Cette journée , l’était elle aussi ? Toute petite, il lui racontait de ne jamais reprendre les mêmes chemins pour rentrer à la maison, d’éviter de parcourir toujours les mêmes sentiers, de rajouter tous les jours un nouveau mot à son vocabulaire , un mot inconnu, un mot à découvrir et d’écrire une phrase dans son cahier pour le retenir, l’utiliser au moins une fois dans la semaine , regarder les oiseaux, les reptiles, les plantes, les connaître, les reconnaître. Il admirait les baobabs , mais son plus beaux souvenir c’était de marcher avec lui , ce paysage de savane arborée à perte de vue et la nuit, observer les oiseaux. Tao voulait l’accompagner mais à l’aéroport , juste avant d’embarquer , elle lui avait murmuré à l’oreille , comme pour le taquiner « Qu'ils soient riches ou même sans un sou, les hommes ont des sourires terribles … » puis sans se retourner, elle continuait à la chanter , sur la passerelle , presque à voix haute, sans une faute, sans une fausse note . Elle n ’avait pas de dates à lui proposer, ni d’heures, ni d’adresses , ce n’était pas le plus important, elle savait se diriger , il savait qu’elle saurait. Le soleil était au zénith , son paquet de tabac brun terminé, elle souriait presque en pensant à ce vieil homme, ce vieil homme sur la moto .Il lui avait proposé un tout autre tarif alors elle avait accepté son vieux taxi à deux roues, la poussière, le bruit, sa voix rauque qui hurlait des histoires incroyables pendant la course. Au moment de payer, il lui raconta qu’autrefois, dans cette baraque, il y avait de la musique, de la bière, beaucoup de bière et bien d’autres alcools et que les femmes qui traînaient au salon étaient de « mauvaises » femmes. Elle aurait pu rester, les attendre, évoquer le passé mais aussi ce qu’ils étaient devenus mais il fallait qu’elle trouve un nouveau mot à son vocabulaire , un mot inconnu, un mot à découvrir et écrire une phrase dans son cahier pour le retenir, l’utiliser au moins une fois dans la semaine…




Commentaires
... tu sais j'adore marcher sur les chemins peu fréquentés... un jour de grande chaleur nous avions découvert ce village, Gargillesse... et puis au détour d'un petit champ la rivière... nous avions décidé de nous arrêter là quelques jours, loger chez l'habitant et l'habitant était frustre mais si compréhensif... en fin de matinée, avant que le soleil n'atteigne le haut du ciel, je me suis baignée... l'eau était d'une fraîcheur douloureuse au premier abord, mais si douce au bout d'un moment... le sable courait entre les orteils et me faisait rire... parfois un petit poisson égaré semblait en extase pas loin et s'enfuyait brusquement, profitant du courant... te souviens-tu de notre chambre atelier au toit pentu... de la fenêtre à petits carreaux ouvrant sur les blés... te souviens-tu que c'est là que tu as terminé la gravure de commande, si détaillée, si minutieuse que les lunettes te tombaient du nez... c'est là aussi que j'ai écrit une petite nouvelle... il faut bien vivre et j'aime tant vivre... te souviens-tu des oeufs frais pondus et des épinards si tendres que j'avais cuisinés à la crème... moi, je me souviens comme tu étais si réservé, si respectueux... comme j'aimais allumer le feu à la tombée de la nuit, quand déjà la hulotte crie dans le champ voisin... c'est au crépuscule que je m'asseyais au piano, les bougies coulaient sur le napperon blanc brodé par mes soins il y a longtemps... dans le silence nocturne la musique était là si moelleuse si virevoltante... en nous, en nous...
l.
...
Ecrit par : linaigrette | mardi, 01 juillet 2008
http://cultu.hautetfort.com/archive/2008/07/02/forget-me-not-par-linaigrette.html
Ecrit par : cultu pour linaigrette | mercredi, 02 juillet 2008
Bonjour Cultu, bonsoir peut être ?
J'ai cherché hier ici où laisser des mots. Je n'ai pas trouvé, le post-hic en question avait disparu. Du coup, c'est ailleurs que... Je voulais juste te dire bonjour, te demander si oui, ça va, bien ? Et te souhaiter plein de bonnes choses. Mais aussi te dire merci, merci pour ici, ces mots, peu importe le temps que ça durera, chacun fait comme il veut, peut, merci.
Ecrit par : sido | jeudi, 10 juillet 2008
Hey sido, merci d'être passée, de passer.Moi aussi, je te souhaite beaucoup de bon, de bien et j'espère que toi aussi, tu vas ?
Bah oui, je suis très content.
- que tu sois passée
- que tu passes peut être parfois
- de ton commentaire ( massage cardiaque à mon ego comme j'aime écrire)
à très bientôt
bises
Ecrit par : cultu pour sido | samedi, 12 juillet 2008
Hello Cultu. Ce n'est pas parfois, c'est très souvent, plusieurs fois par jour même, j'avoue, sans faire de bruit, et c'est toujours le même plaisir, de te lire. Je suis vraiment très contente si tu es content, alors ça va bien. "Hier c'était hier aujourd'hui c'est maintenant , non ?", j'adore ! Mais pas que. Et ce n'est pas parce qu'on ne laisse rien en commentaire que l'on n'en pense pas moins ! Merci encore, à toi aussi un bon dimanche, une belle journée, et plein de bises,
Ecrit par : sido | dimanche, 13 juillet 2008
bon lundi , bon lundi off (peut être) !
Tu sais, hier c'était un magnifique feu d'artifice ...le thème c'était mai 68 et ils ont passé du Léo qui hurlait en THX " les anarchistes " et bien d'autres...j'ai vu des lumières rouges dans le ciel, un rouge du temps des usines occupées ...
Bon, ok, j'étais ému mais ça fait du bien surtout dans cette période quand même assez grave . J'ai cru qu'il n'y aurait pas grand monde à cause des vacances mais en fait, c'était plein à craquer , des voitures s'arrêtaient n'importe où pour regarder ce ciel révolutionnaire, j'ai même entendu du Nougaro.
Je suis de bonne humeur ce matin.
bises, j'ose !
Ecrit par : cultu pour sido | lundi, 14 juillet 2008
Oui oui, totalement off, bonjour et bon lundi aussi ! Ce devait être à peu près l'heure où j'ai coupé le son, un feu d'artifice en solo, c'est pas très rigolo ! Tant mieux s'il était magnifique ! C'est cool que tu sois de bonne humeur, il fait très beau et le dernier album de Christophe est vraiment un délice. Bonne journée, merci pour les bises !
Ecrit par : sido | lundi, 14 juillet 2008
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