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samedi, 05 juillet 2008

Sur le bord du Nil , j’ai rêvé Peter Ustinov

 
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Sur le bord du Nil , j’ai rêvé Peter Ustinov .Des chaises volantes s’écrabouillaient d’un manège qui s’écroulait.Du sucre d’un nougat mou m’embrassait .Sur ma peau moite brûlée au zénith coulait des sueurs .Je croquais interdit des glaçons que je broyais sous mes dents .J’ai vu pleurer des tissus dans le vent d’un manège qui tournait, tournait, tournait. Sur le pont, immobile, abandonné dans ce délicieux vacarme des bois qui craquaient, fantômes aux nus pieds, voyageurs clandestins seuls témoins des amours passagers , il fallait que je parte .J’ai vu au pays de l’or, pays disparu sous les eaux du Nil ce qu’aucun des musées de Boston, Khartoum, Berlin, Leipzig, New York ou de Philadelphie ne pourraient m’ offrir.
Ici, les portes des maisons gardent la serrure à l’extérieur, signe de confiance dans la communauté, car les nubiens sont tous de la même famille. Des femmes vêtues et voilées de noir se lamentaient mais c’est au souk d’Assouan, près d’un étal qui croulait sous des marchandises de toutes sortes, statuettes de dieux, que j’ai vu.Sa peau noire , aux traits fins,sa silhouettes élancée dans une tenue blanche immaculée , ses vielles mains abîmées par le temps,  ses cheveux à peine protégés par un voile mal ajusté . Mains tremblotantes qui échangeaient de la monnaie égyptienne , des regards baissés, furtifs, parmi les enfants des rues voisines qui couraient en riant et des touristes qui saccageaient, touchant à tout, parlant trop fort pour un prix d’or.
J’ai vu ses mains tremblantes d’un geste délicat cacher sa peau , m’offrir juste ses yeux et son éclat, réparer l’étal pour une prochaine escale. 
 
Je te vois tournoyer sur ce manège dans ce ciel  orageux, pendu comme à un mat de cocagne, tu m’éclabousses de tes rires amoureux mais tes tissus qui dansent dans le ciel sont  déchirés à mes yeux. Je goûte le sucre déposé d’un nougat de tes lèvres mais dans mon sang circule d’autres rêves, je me suis noyé dans sa peau d’ébène, ébloui par l’éclat de ses yeux, ses mains fragiles brûlées par le soleil m’ont bercé de tant d’amour qu’un instant, j’ai vécu.