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mardi, 22 juillet 2008
le baiser de l’hôtel de ville

Tu sais dans sa correspondance il dosait mais il disait aussi que s’il devait quitter la France pour un exil , c’est Guernesey .
J’ai toujours su que dans l’enveloppe kraft scotchée au fond de la boite à gant de sa Peugeot 404 Berline Super Luxe il y avait un revolver argent 357 Magnum . C’est une époque où il fallait bouffer du soleil, s’étendre, s’entendre soleil. Soleil, soleil, il fallait en dévorer à l’ indigestion. La mode était aux tournesols en plastique qui ornaient le béton qui déjà était né .Ca cocotait le patchouli, l’encens, la pisse dans les premiers Otis qui te faisaient grimper au 12 ème . Il y avait là aussi déjà les premières morsures d’une époque qui tapissaient, gravaient la tôle de la cabine : des enculés, des fils de putes ou des mort aux cons. Du haut de ta cage que tu croyais dorée, t’avais une vue sur des milliers de chantiers, de terrains vagues, de cars qui ramassaient les centaines d’ouvriers qui les menaient à d’autres dortoirs. La nuit, aussi beau que dans le générique de « bonne nuit les petits » , je me souviens de toutes ces lumières aux premières lucarnes dans ce gris métallique ou d’immenses grues athlétiques dressaient leurs bras sur la ville comme pour nous protéger, nous rassurer . Lui, il disait que même les derniers liftiers des grandes boutiques puaient la laine de mouton ou le fromage de chèvre et qu’il croyait pas une seconde à la maison bleue adossée à la colline. Il avait des cicatrices sur tout le corps, je ne les ai jamais vu , mais il en avait bien d’autres plus apparentes.
Quand il voyait du Doisneau qui s’embrassait, le baiser de l’hôtel de ville, il avait comme des malaises, la tête qui tournait. Cette jeunesses insolente, elle lui faisait tant de mal.
Aujourd’hui, allongé , à poil , sous une mince couverture qui me mène au bloc , un peu plus encore abîmé, j’ai les yeux fixés au plafond et je vois défiler d’autres néons dans le bleu électrique de cette clinique. En attendant le monte charge, un Otis peut être ,qui m’accompagnera plus bas, je pense à lui .
La 357 Magnum est certainement l'une des meilleures cartouches de revolvers mais il s’est encore loupé.
De l’hôpital, de la prison, il disait que s’il devait quitter la France pour un exil , c’est Guernesey .
Un jour, j’ai su qu’il avait apprit à lire et qu’il aimait Victor Hugo.
J’ai toujours su que dans l’enveloppe kraft scotchée au fond de la boite à gant de sa Peugeot 404 Berline Super Luxe il y avait un revolver argent 357 Magnum . C’est une époque où il fallait bouffer du soleil, s’étendre, s’entendre soleil. Soleil, soleil, il fallait en dévorer à l’ indigestion. La mode était aux tournesols en plastique qui ornaient le béton qui déjà était né .Ca cocotait le patchouli, l’encens, la pisse dans les premiers Otis qui te faisaient grimper au 12 ème . Il y avait là aussi déjà les premières morsures d’une époque qui tapissaient, gravaient la tôle de la cabine : des enculés, des fils de putes ou des mort aux cons. Du haut de ta cage que tu croyais dorée, t’avais une vue sur des milliers de chantiers, de terrains vagues, de cars qui ramassaient les centaines d’ouvriers qui les menaient à d’autres dortoirs. La nuit, aussi beau que dans le générique de « bonne nuit les petits » , je me souviens de toutes ces lumières aux premières lucarnes dans ce gris métallique ou d’immenses grues athlétiques dressaient leurs bras sur la ville comme pour nous protéger, nous rassurer . Lui, il disait que même les derniers liftiers des grandes boutiques puaient la laine de mouton ou le fromage de chèvre et qu’il croyait pas une seconde à la maison bleue adossée à la colline. Il avait des cicatrices sur tout le corps, je ne les ai jamais vu , mais il en avait bien d’autres plus apparentes.
Quand il voyait du Doisneau qui s’embrassait, le baiser de l’hôtel de ville, il avait comme des malaises, la tête qui tournait. Cette jeunesses insolente, elle lui faisait tant de mal.
Aujourd’hui, allongé , à poil , sous une mince couverture qui me mène au bloc , un peu plus encore abîmé, j’ai les yeux fixés au plafond et je vois défiler d’autres néons dans le bleu électrique de cette clinique. En attendant le monte charge, un Otis peut être ,qui m’accompagnera plus bas, je pense à lui .
La 357 Magnum est certainement l'une des meilleures cartouches de revolvers mais il s’est encore loupé.
De l’hôpital, de la prison, il disait que s’il devait quitter la France pour un exil , c’est Guernesey .
Un jour, j’ai su qu’il avait apprit à lire et qu’il aimait Victor Hugo.
11:38 Publié dans Zoom | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : revolver argent 357 magnum, guernesey, victor hugo, nouvelles et textex brefs




Commentaires
et depuis, tu vis dans un ascenceur?
(tu es drolement productif, dis donc!!!)
Ecrit par : tarmine | mercredi, 23 juillet 2008
Bah ... 1 j'suis en vacances donc je trouve du temps pour changer tout , changer tout pour un monde qui vaille le coup ( chanson de M.Jonasz) et 2 , tu as la réponse dans mon cultu -express que je vais effacer certainement ce matin, alors pour toi :
Des fois pour mettre à jour (comme si j'avais besoin de mettre à jour !!!), enfin, des fois, pour déposer un cultu-express ou un message dans le carnet de bord, je pioche dans une malle immense dans laquelle j'ai du conserver des " à propos de tout et de rien " de mes autres blOgs ou de mes passages sur Téléramou ...Le truc c'est de faire gaffe quand même car y a comme des coups de gueule , dépassés, à propos d'une émission,décédée, de téloche ou sur l'ORTF (je n'écoute pas las radios robinets musicals , de temps en temps de la radio branchouille pour son coté latin et FG la nuit pour ne pas m'endormir sur la route quand je rentre du boulot) ou d'un film qui date de la sortie de " Gone with the Wind ", de mon premier drive-in , de mon premier baiser avec la langue ...Je déconne, ceci dit, faut quand même que je fasse gaffe quand je pioche !
Ce que je peux rajouter qui n'était pas dans ce cultu-express, c'est que dans la même malle, j'ai plusieurs et beaucoup plusieurs de trucs que j'ai du griffonner les jours de grèves ou jours de panne. Oui, grèves EDF ici en France mais jours de panne dans d'autres mondes ! Du coup j'ai du passer des années et des années dans des ascenseurs ...de quoi remplir !
Bonne journée,
à demain
Ecrit par : cultu pour tarmine | mercredi, 23 juillet 2008
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