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mardi, 29 juillet 2008

MA GNI FI QUE

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-Pierre : "Vous m'avez dépeint cette soirée avec brio."
- Katia : "Avec qui ?"
- Pierre : "Avec brio... C'est une expression si vous voulez."
- Katia : "Non mais je faisais de l'humour… Vous voyez avec moi ça ne marche jamais."



Hier j’ai du piétiner touristiquement parlant  toute une très longue et très belle journée dans Paris sous le soleil .
MA GNI FI QUE , comme pourrait épeler une frangine COP* qui se la joue Dolto  Freud  Teissier quand elle se présente à des inconnus .
Ok, elle a une vague formation psy et une expérience de terrain mais de là à se présenter façon agent du FBI en te plaquant sa carte sous le pif , quand même.
Pis alors, si elle a dit MA GNI FI QUE , tu n’as pas intérêt à la contrarier car sinon elle te…Vous avez le droit de garder le silence. Tout ce que vous direz pourra être utilisé contre vous devant un tribunal... et elle te Kote gaeshi la main droite dans le dos avec sa main gauche ou l’inverse, enfin un truc aïkido qui te fait mettre à genoux , presque pour une prière .

Donc , oublions un instant Josiane pour revenir à nos touristes visites.

MA GNI FI QUES même si j’ai du quand même me taper toutes sortes de queues. La plus longue, la plus dure, fut celle du second étage avant d’atteindre le top, le sommet , de la tour.

Par tempêtes, elle peut basculer de 10 cm par vents de 185 km , incroyable, non ?

Bon , après les queues, je suis aller sucer .

Une boule, une seule, praliné citron et coriandre sur le bord des quais , l’île Saint Louis, avec d’autres touristes, d’autres gourmands et des tas d’amoureux insolents .

Je suis rentré tard car …( j’abrège, c’est pas cochon mais c’est pas spécialement intéressant et quand c’est trop long, je suis sur que vous allez zapper sur du voyages par cher ou déjà remplir une demande de congés en 4 exemplaires pour vos chefs , petits chefs et petits petits chefs !)

Donc, hier, sur la route, comme dans la chanson, il noircissait le ciel, d’un coup !  Quand il noircit ainsi , j’adOOOOOOOOre. La pluie qui suit , le tonnerre, les éclairs, la terre mouillée qui remonte à mes narines . Alors comme mon Futon est collé sous la window , je laisse les volets grands ouverts comme la fenêtre . Après une douche calcaireuse et chlorée dans ma bathroom toute neuve , je plonge donc sur mon japonais et dans un silence jouissif , je laisse mes sens, ceux qui sont encore éveillés  savourer les vents et les marées avant de disparaître dans des sommeils…parfois agités.

Le truc, quand tu t’agites la nuit, pour X raisons et non pas pour des raisons X , faut faire gaffe quand tu relèves la tête pour appeler au secours , car la fenêtre, elle est toujours grande ouverte , elle n’a pas bougé de place , ni ton lit à X cauchemars et …T’as tellement mal à la caboche mais cette fois physiquement que tu oublies vite la ou les raisons de tes agitations .

- Allo, Josiane, oui, MA GNI FI QUE , ma nuit.

Si tu as un appel de ce genre au petit matin, faut faire gaffe aussi.
Vite analyser et comprendre que Josiane n’a peut être pas 120 points de sutures sur le crane mais que sa nuit à elle, comme d’autres, nuits, fut aussi agitée pour  X raisons et non pas pour des raisons X et qu’il va falloir ruser en lui balançant un MA GNI FI QUE pour couper court à la conversation avant qu’elle se vautre pour plusieurs heures sur ton divan !

Bonjour ,


Oui 120 points de sutures .
Non  je ne suis pas de Marseille.
Oui j’ai une bathroom toute neuve ( fera l’objet d’une autre note).
Non j’arrive pas à faire plus court.
Oui , il doit y avoir des tas de fautes.


*COP : conseillers d'orientation-psychologue

 

samedi, 26 juillet 2008

J’ai vu des écureuils verts grimper sur les lignes à haute tension

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La neige était rouge mais rouge sang.  J’ai vu des écureuils verts grimper sur les lignes à haute tension.  La machine à laver s’est emballée soudainement,  position essorage,  me pourchassant à travers le salon,  le couloir.  Il y avait comme un côté Shining.  Ma femme qui portait une barbe de trois jours laissaient courir ses jambes,  bas résilles,  découpées de son tronc,  sur les plafonds fraîchement repeints laissant derrière des empreintes d’ours.  Je l’ai vue relaxer ses doigts dans un bain de Tequila haricots rouges,  même couleur pimentée que ses lèvres gercées,  il fait froid,  c’est l’hiver.  Comme un puits asséché,  la machine à café expresso hurlait son dernier nuage de vapeur,  une goutte torréfiée s’effondra sous la chaleur contre la faïence éméchée ébréchée, nicotinée de ma tasse cendrier. Un aigle vautré dans mon canapé piquait de son bec le cuir capitonné du meuble britannique récupéré d’une vente aux enchères;  un barbier assassiné.  La télé ronronnait du jambon sous plastique pour des familles heureuses,  la radio sifflotait des bulletins météos sur l’Autoroute FM,  mon portable dégoulinait de silence,  les ongles de mon épouses se durcissaient,  ses jambes tentaient de m’étrangler,  je déchirais le filet de ses bas,  gravais des morsures sur ses mollets mais j’étouffais,  j’étouffais,  j’étouffais

- oh , ca va ? t’es en sueurs ?
- euh,  oui,  non,  enfin,  je viens de faire comme un cauchemars
- tu veux un verre d’eau ?
- non,  euh,  oui,  tu sais… enfin,  en fait,  elle sèche vite cette peinture,  non ?
- bon,  love,  dans l’ordre aujourd’hui : appeler EDF pour augmenter l’ampérage,  ton héritier doit finir son exposé sur les écureuils,  Darty doit passer pour la machine à laver,  je dois passer chez l’esthéticienne,  toi chez ton kiné,  réserver une table pour ce soir chez le Mexicain,  acheter du café,  nettoyer la cage des inséparables,  mettre la housse sur le canapé,  préparer des sandwichs au jambon pour ce midi,  prendre RDV chez le véto pour le détartrage pour le des dents du chien et ne pas oublier  de rendre à Cédric son polar que tu as terminé cette nuit.  Je crois que je n’ai rien oublié.  Au fait,  il était coupable alors ce barbier ?


Les bas,  les bas résilles,  elle n’en a pas parlé !  Elle a,  elle a un amant,  j’en suis sûr maintenant.  Ou alors elle sait ?
Et là,  je suis mort,  étranglé !

jeudi, 24 juillet 2008

Happy grapes

 
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A la fin du repas, il montait sur sa chaise, le silence se faisait alors religieux, il fermait les yeux quelques secondes comme pour se concentrer, prendre un souffle puis d’un coup, un bras se dépliait lentement vers la lumière, de sa voix grave et rauque, il transformait la vieille grange en un lieu très étrange, peut être comme un théâtre antique où allait se jouer une tragédie. Les châtelains qui avaient hérité de quelques hectares voulaient poursuivre et quand Madame accueillait un nouveau, elle prenait des airs très aristocratiques devant sa belle demeure, serrait une main du bout des doigts et terminait toujours les présentations et le règlement par ses quelques mots : violette, fruits noirs, réglisse, zan …Parfois, quand elle était d’humeur, elle partageait le repas avec les ouvriers, racontait avec moult détails historiques aux uns et aux autres  les origines de la Négrette. Les habitués qui revenaient tous les ans pour la récolte connaissaient le texte par cœur, les autres écoutaient avec attention mais dès qu’elle rejoignait son château , toujours avant la fin du repas, les plus vieux disaient qu’elle ne portait jamais de culotte, que plus d’un avait connu la chambre rose du domaine, le vieux lit à baldaquin en poursuivant par des histoires les plus incroyables qui transformaient la vieille grange en une auberge folle où les remarques les plus libertines et les chansons paillardes fusaient toute la nuit. Comme disait le plus vieux de tous, je suis foutu de partout, j’ai les pinces bouffées par le tanin , le dos cassé, la solde est maigre mais la cantine est potable et qu’est ce qu’on s’marre ! Certains habitaient le coin, d’autres dormaient dans des fermes voisines mais la plupart d’entre eux profitaient des anciennes écuries réaménagées qui offraient un lit, une douche mais alors la solde était encore plus maigre. Le matin il fallait qu’elle fasse l’appel. Il y en a qui dormaient encore, d’autres qui arrivaient toujours en retard et d’autres qui disparaissaient. Mais elle était honnête, les soldes étaient conservées comme les affaires. Il arrivait qu’une saison suivante, il y ait des revenants . Parfois, pour certains, elle s’inquiétait de leur histoire, pour d’autres , elle ne posait pas de question, mais elle les réinscrivait dans le livre vert, le grand livre des comptes. Les journées étaient très dures, le soleil de septembre parfois torturait encore. Quand il manquait du monde, elle s’y mettait aussi et les plus jeunes se demandaient vraiment, la voyant courbée, si sous ces jupons là, il n’y avait vraiment pas de culotte ! Parfois elle chantait au travail. Des chansons ridicules qui énervaient plus d’un mais quand ils se croisaient pour vider dans le tracteur, tout le monde lui souriait et la Castafiore repartait à la vigne avec son propre petit panier. Tous les soirs, toutes les fêtes, à un moment, dans la vieille grange, il avait le droit de monter sur sa scène. Ca se faisait simplement. Dans le vacarme très joyeux de l’auberge, il montait sur sa chaise et petit à petit le silence s’installait. Quand il fut complet, on avait l’impression que la lumière se baissait comme pour un levé de rideau, puis il fermait alors ses yeux et…On raconte qu’autrefois, de villages en villages, avant la projection, il était en première partie. Il aurait eu un âne, une roulotte, quelques bobines qu’il se faisait toujours livrer à la même gare, et des poèmes par milliard, oui, par milliard, qu’il connaissait par cœur et que lui, savait raconter. Même s’ il se disait tant et tant de choses au domaine, tous les soirs, avec écoute, talent, sur sa chaise, il…                  

mardi, 22 juillet 2008

le baiser de l’hôtel de ville

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Tu sais dans sa correspondance il dosait mais il disait aussi que s’il devait quitter la France pour un exil , c’est Guernesey .
J’ai toujours su que dans l’enveloppe kraft scotchée au fond de la boite à gant de sa Peugeot 404 Berline Super Luxe il y avait un revolver argent 357 Magnum . C’est une époque où il fallait bouffer du soleil, s’étendre, s’entendre soleil. Soleil, soleil, il fallait en  dévorer à l’ indigestion. La mode était aux tournesols en plastique  qui ornaient le béton qui déjà était né .Ca cocotait le patchouli, l’encens, la pisse dans les premiers Otis qui te faisaient grimper au 12 ème . Il y avait là aussi déjà les premières morsures d’une époque qui tapissaient, gravaient la tôle de la cabine : des enculés, des fils de putes ou des mort aux cons. Du haut de ta cage que tu croyais dorée, t’avais une vue sur des milliers de chantiers, de terrains vagues, de cars qui  ramassaient les centaines d’ouvriers qui les menaient à d’autres dortoirs. La nuit, aussi beau que dans le générique de « bonne nuit les petits » , je me souviens de toutes ces lumières aux premières lucarnes dans ce gris métallique ou d’immenses grues athlétiques dressaient leurs bras sur la ville comme pour nous protéger, nous rassurer . Lui, il disait que même les  derniers liftiers des grandes boutiques puaient la laine de mouton ou le fromage de chèvre et qu’il croyait pas une seconde à la maison bleue adossée à la colline. Il avait des cicatrices sur tout le corps, je ne les ai jamais vu , mais il en avait bien d’autres plus apparentes. 
Quand il voyait du Doisneau qui s’embrassait, le baiser de l’hôtel de ville, il avait comme des malaises, la tête qui tournait. Cette jeunesses insolente, elle lui faisait tant de mal.
Aujourd’hui, allongé , à poil , sous une mince couverture qui me mène au bloc , un peu plus encore abîmé,  j’ai les yeux fixés au plafond et je vois défiler d’autres néons dans le bleu électrique de cette clinique. En attendant le monte charge, un Otis peut être  ,qui m’accompagnera plus bas, je pense à lui .
La 357 Magnum est certainement l'une des meilleures cartouches de revolvers mais il s’est encore loupé.
De l’hôpital, de la prison, il disait que s’il devait quitter la France pour un exil , c’est Guernesey .

Un jour, j’ai su qu’il avait apprit à lire et qu’il aimait Victor Hugo.

lundi, 21 juillet 2008

Hôtel ...de ma plage !

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L’idée serait de mettre de lourds rideaux épais pour plonger la pièce dans le noir total mais je n’aime pas les rideaux. Enfin, ceux que je pourrais aimer ne sont ni lourds, ni épais et je sais que mes tigres s’agripperaient, les fenêtres restent comme elles sont depuis longtemps, déshabillées.

Il reste les volets de bois, qui peuvent plonger une partie de la salle dans la pénombre mais le jour s’infiltre vite entre les lattes puis pour fermer ceux de la baie vitrée, il faudrait expulser toutes les fleurs, les pots, la terre, les pelles, les balconnières, chasser les araignées…pour déplier le grand volet de bois moisi qu’il faudra bien un jour repeindre.

De toute façon, je ne suis plus fatigué mais 07H00 …Ce n’est pas que c’est très tôt, mais le soleil déjà…Je me suis imaginé prendre délicieusement un premier café et commencer un nouveau chapitre …les félins tournent déjà autour de moi , viennent se frotter , me câlinent …Le matin, le ventre vide, ils m’adorent, après, ils retrouvent leur savane , m’oublient, m’ignorent …

Le parquet craque, il faudrait retrouver le fauteuil planqué sous du linge, la couette, un sac de sport, une veste  pour le libérer et tout déposer ailleurs, mais où ? Le pire ce serait de faire de tomber les clés, un imposant trousseau, comme s'il était châtelain ?

Il y a quelqu'un dans mon lit !

Il y a quelqu’un dans mon lit mais comme ce lit est aussi près du fauteuil, de la planche rouge vissée à quatre pieds métalliques sur lequel repose mon jardin, de la petite table encombrée de magazines , de bougies effondrées , d’un cendrier obèse , de la bibliothèque en désordre…

J’ai trouvé un vieux tabouret comme une vieille chaise de jardin public aussi vert et rouillé qui a résisté à tous les temps, toutes les tempêtes, toutes les fanfares du quotidien et j’ai posé ma tasse tiède sur la machine à laver le linge . Je suis adossé à la pierre froide et humide de l’évier, je regarde la mire de mon micro onde qui se trouve face à moi et à ma gauche, je vois, par-dessus les arbres, des courageux grimper, en seconde, pour regagner le trafic. Tu ne peux grimper qu’en seconde ce col qui t’amène parmi les autres, je sais de quoi je parle, je l’empruntai encore la semaine dernière.


Il parait que mercredi il fera très chaud.


Non, ce n’est pas la radio mais hier, on m’a dit que mercredi…


Véridique, j’ai du voir une maison bleue en cours de construction, au Kenya, une maison qui du toit, de l’immense terrasse…J’ai du continuer un moment à zapper sur du déjà vu, revu, chaud, froid, sans oreiller, avec , un verre d’eau…


Il faudrait refaire la cuisine !
Elle est laide.
Le chien dit bonjour à la poubelle.
Tous les matins au réveil, il est devant.
Il l’observe, la renifle, parfois la lèche.
Un bon moment, il reste près d’elle, comme si elle allait un jour s’ouvrir toute seule et que dégoulinerait rien que pour lui les restes d’un dimanche.


Mon lit est toujours occupé.


Mon lit comme les quatre pièces en une : dortoir, salon, salle à manger et mon jardin sur ma table rouge vissée à quatre pieds métalliques.


L’évier est inconfortable, dur…


Il faudrait pouvoir ouvrir la fenêtre de la kitchenette ,  traverser un jardin, descendre un petit escalier en pierre qui donne sur une plage de sable fin, marcher un peu, piquer un plongeon dans l’eau froide matinale de l’océan puis commander au plagiste qui commence à installer le décor de bien vouloir me servir un premier café , avec ou sans croissants , avec ou sans lui…

- Accordez vous une pause jeune homme, le temps d’un amer devant la mer. Les huilés arriveront bien plus tard avec leurs moutards , leurs chapeaux de paille, leurs fesses musclées prêtent à cramer, leur lunettes de stars sur des engins motorisés pour battre en neige le blanc de l’écume …sans sucre !


Bon, je commence vraiment à ma statufier, marbre, la poubelle  bave un reste de sauce des pâtes à la tomate que le chien lèche, j’ai mal au cul sur le fer du tabouret , au coup, je vais l’appeler sur son portable, l’inconnu sera obligé de se réveiller :

- Allo
- Euh…allo, yes…
- (silence)
- but, what time is it ?
- it’s time to get the hell out of here !   

vendredi, 18 juillet 2008

Le loup de la côte ouest

 
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Lorsqu’il claquait une portière, il le faisait toujours avec brutalité. Du moins, au début, j’ai cru qu’il était coléreux, comme des sauts d’humeurs. Il en était de même avec la porte du garage, la porte chez les uns, chez les autres, toutes les portes claquaient. Je me demande encore comment la Torino a pu autant résister. Les cascades, les vues magnifiques, la fonte des neiges qui à la fin du printemps formait des chutes, les cinquièmes au monde me précisait il, des chutes incroyables… Il y avait sur le mur de sa chambre des tas de photos de Fischerman's Warf , à l’époque de l’ancien port. Quand il voulait fuir, dans l’urgence, pour une ou deux heures, je me retrouvais enfermé dans sa piaule au Stratosphère où il était bagagiste, à l’écouter me raconter son histoire pendant qu’il décrochait avec soin tous ses souvenirs scotchés aux quatre murs de sa prison bruyante au dessus du casino de l’hôtel . Quand il fallait compter plus qu’une ou deux heures,  je savais que la vieille Ford nous emmènerait encore plus loin, pour un ou deux jours, parfois plus, en silence ou alors dans un monologue incroyable dans lequel il était capable de me raconter avec précision toute l’histoire de la côte ouest. J’ai cru souvent qu’il en rajoutait, qu’il en inventait même, mais un jour, vexé, il m’a planté dans un des huit états de la 66, une bonne heure qui m’a paru bien plus longue, tout seul, sur le bord de la route . Depuis, j’ai toujours cru toutes ses histoires, son histoire, comme celle de ce côté des états unis. J’ai jamais beaucoup aimé les westerns mais un matin, tôt, très tôt, il est venu frapper à ma porte pour que je sache où Hollywood venait tourner autrefois. Il me manquait mon premier expresso du petit italien en bas de chez moi, une douche fraîche, mais nous nous sommes retrouvés en pleine réserve indienne et dans un silence incroyable, nous avons regardé le jour se lever sur ce paysage que je n’oublierai jamais. J’ai du le suivre un peu partout, un peu n’importe comment. Bien sur que j’en étais très amoureux, à en perdre mon job, des jobs, des amis, ma chambre que je ne pouvais plus payer au black au gérant tordu d’un motel de bord de route qui n’a jamais voulu me rendre mes affaires. Mais quand on me posait des questions, je répondais que c’était uniquement pour la Torino. Nous sommes restés quelques temps à  Seligman, puis il a retrouvé une place au CAESAR'S PALACE. Un soir, le long de cette vieille route nationale, il a imaginé réanimer un vieux parc d’attraction abandonné dans la poussière. J’ai du me retenir de sourire, de rigoler, je n’avais pas envie de le vexer et qu’il me plante à nouveau, car ce soir là, il avait la même façon de me parler, si sûr de lui. J’ai du l’attendre tout un après midi  à  Peach Springs, au bar de notre motel. Je me souviens avoir dévoré ce jour là "The Grapes of Wrath", le seul livre qu’il avait, celui que sa mère lui aurait offert pour ses dix huit ans et je n’avais pas vu le temps passer.
Il m’avait promis de louer une Corvette un jour pour faire de la vitesse sur la vielle route. Il m’avait promis tant et tant de choses, je m’en foutais faut dire, comme le temps, le temps que je n’ai pas vu passer …  

jeudi, 17 juillet 2008

Requiem pour un con

Ils pensaient que c’était la cigarette du matin. Pendant ce temps là, sur son vélo d’appartement son père montait les cols les plus ardus scotché devant un télé-achat qui aboyait des affaires incroyables , en sueurs, la veine du front gonflée par tant d’efforts, la salive au bord des lèvres, une oreillette qui rythmait techno , un bracelet serré à son poignet qui calculait les battements de son cœur .De la cuisine, elle , sa mère, tirait sur des Marlboro en récitant " requiem pour un con ". La cigarette du matin arrivait après le premier café trop serré, mais ils pensaient que c’était de sa faute , la cigarette . Pourtant, tous les jours, il dégueulait. Face au miroir, il était rouge, rouge prêt à exploser , les yeux humides mais humides comme lorsqu’on s’étouffe , penché sur le lavabo, la bouche mentholée par le dentifrice , il vomissait .S’agrippant, malade, aux rebords de l’émail, il reprenait son souffle , respirait un quart de secondes puis à nouveau, tout son corps rejetait .Il avait mal, partout, au ventre, à la gorge, au larynx , rien à vomir et pourtant . Le tensiomètre lui affichait des performances exceptionnelles , elle savait qu’avec sa volonté , elle, elle diviserait par deux sa consommation de clopes. Le soleil brillait comme un beau jour de juin sur leur 12ème étage mais été comme hiver, après le douloureux rituel de la salle de bain, il aimait se retrouver seul dans ces silences presque comme Matthew Modine dans " Birdy ", dans un angle du balcon béton ,presque nu . La boite aux lettres était souvent pleine à craquer d’un tas de bons de réductions, de factures, de prospectus en tous genre mais autour du cou, il y avait cette petite clé qui lui permettait le premier de courir après le facteur. Elle avait beau lui expliquer que le dimanche était comme un jour férié, mais à 12h30, il cavalait à très grande vitesse les 840 marches avant de remonter , même allure, pour terminer, essoufflé dans un autre angle du balcon béton, comme un oiseau blessé . Un jour il a eu quarante deux ans et sa tête a cogné , plusieurs fois, violemment, en arrière, en avant, dans les escaliers de la grande tour, sur les murs, la peinture blanche crépis couverte de sang, du haut du 12ème au rez de chaussée. Il aurait à nouveau glissé mais comme ce n’était pas la première fois, les voisins ont pensé que du haut, ce n’était plus un accident. J’ai vu danser des feux d’artifices silencieux haut dans le ciel , des trains de marchandises rentrer en gare sur la pointe de leurs pieds ,aciers hurlants, des étincelles rouges dans la nuit bleutée de cette nuit d’été et je me suis souvenu de ses barreaux blancs à mon lit d’enfant, abandonné des heures, cognant ma tête en arrière , fort, de plus en plus fort, comme le font les tambours qui au loin arrivent et s’immobilisent soudainement sous ma fenêtre le jour de la fête des morts . J’ai du m’endormir souvent d’épuisement , le crane cabossé , les yeux fatigués par tant d’hurlements alors que l’hymne à la joie , en stéréo, la symphonie numéro 9 couvrait d’autres guerres dans le salon. Un jour après la libération, d’un pont ,on m’a raconté qu’ elle se serait pendue . Un autre jour , on aurait appris, m’a t on raconté aussi, qu’elle aurait été tondue devant une foule pleine de haine. Un jour du 12ème , il avait voulu peut être s’envoler. Depuis, elle, elle ne fume plus , grâce à la volonté. Lui, il regarde le ciel , les lèvres tremblotantes presque pour pleurer même s’il n’a jamais su pleurer car un homme ne pleure pas ou pour demander quelque chose, comme un pardon mais il ne peut rester que muet même si son tensiomètre lui indique qu’il est en pleine forme, physique . Depuis , plus personne ne descend chercher le courrier .

mardi, 15 juillet 2008

Mousse à raser

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Evidemment, j’aimerai bien pouvoir faire  des galipettes et plouf dans l'eau des Antilles beau sombrero pour moi, pour toi mantille manger des papayes à Papeete, un cake aux Galapagos les goyaves de Guayaquil à toutes les sauces plonger dans les mers de corail…comme dans la song de  Jonasz !
J’ai reçu un coup de marteau ce matin , un , non, plusieurs et un fou à voulu me découper à la tronçonneuse !
Alors j’avale nerveusement un cocktail   Alka-Seltzer , Lexomil, café corsé , je trouve un indice de protection et j’me barre faire 10 000 longueurs dans le bassin extérieur. Y a des jours…  Bonjour les courageux, les chanceux aussi et les ( salauds de) bricoleurs !
Hier, j’ai vu un film magnifique mais je ne me souviens plus du titre et je m’y suis tellement emmerdé , un truc palmé je ne sais plus où !
J’ai du juste retenir les Gambas du resto du bord de boulevard , Gambas aussi grandes que des petites crevettes grises.
Enfin, la mayonnaise était maison !
NON, pas 10 000 longueurs, 100 000 ! ! ! 

samedi, 12 juillet 2008

HB

DSC00632.JPGAux premières heures du matin il dépliait la chaise à la fenêtre de la cuisine attendant patiemment que le café termine, tirant sur la fin d’un El Morro abandonné la veille sur le bord d’une porcelaine . Patiemment, il avait le temps et le temps il avait décidé de le prendre , de ne plus le compter,  le savourer, comme il aimait avec adresse et raffinement décapiter la tête de son premier Havane. Il savait qu’il y avait là comme quelque chose de barbare .  Le cigare à la bouche, il aspirait lentement en éloignant la flamme de deux à trois centimètres du pied, le faisant lentement pivoter , sans cesser l'allumage. La cafetière se remplissait lentement , plus bas le néon vert d’une pharmacie clignotait, plus loin des pressés s’engouffraient sous terre, quelques bus commençaient à se croiser, il savait qu’aujourd’hui tout serait gris mais il aimait lui aussi le gris, il avait toujours aimé le gris. Un jour, on lui avait proposé de mettre des rideaux à ses fenêtres, de changer toutes les fenêtres mais il préférait le bois humide presque moisi, la fraîcheur matinale du carrelage de la cuisine sous ses pieds nus, et surtout son petit aérateur circulaire pour carreau de fenêtre si poussiéreux qui n’avait sans doute jamais tourné. Il aurait pu aussi avoir un réfrigérateur mais comme la pièce était si petite, comment aurait il pu la déplier. Un été , un dimanche 23 août,  comme après une pluie fine,une fin d’après midi, il avait replié son journal, son  parapluie , la chaise du jardin public puis il était remonté la placer là, face à la fenêtre de la cuisine, regardant Paris sous la pluie, la pluie sous les toits .
Il avait peut être pleuré quelques secondes , c’était encore l’époque où le temps était compté, mais ce n’était pas de tristesse , il aimait le gris, la pluie, ce gris, il y a tant de gris qu’il aime aujourd’hui. Autrefois ,oui, mais aujourd’hui, patiemment, il apprend, il goûte, il savoure , une première tasse, aussi. C’est étrange, un jour, un jeune couple, plus bas, qui le croisait souvent rue des deux gares où plus haut, d’en bas,  très tôt à sa fenêtre , sa tasse, un Havane, pensa lui faire plaisir. De retour d’un voyage au Nicaragua, enveloppé dans un journal local, un Torpedo , elle en avait les yeux qui brillent, il était beau , la peau  burinée, aux cheveux gris . Comment ne pas trop aimer à le regarder ,lever les yeux  au ciel gris mais ils sont beaux, si beaux, le ciel, lui...   Je le guillotinerai plus tard ... Merci... Oui , du haut de mon perchoir...  Il est si beau et de si loin... Oui, je suis comme le gardien de mon phare , des paquebots sur rails...  Mais je vous invite pour un café , un soda ... Du bruit aussi , parfois, quelques soldats , gare de l’Est ... Un autre jour alors, d’accord.
Une autre tasse et le temps passe , s’écoule , tièdement , lentement , les bruits de la ville au loin semblent découper délicatement le petit matin des autres instants de ses journées .Aujourd’hui , c’est encore un autre couleur, un gris plus léger, peut être  comme un crayon HB .         

samedi, 05 juillet 2008

Sur le bord du Nil , j’ai rêvé Peter Ustinov

 
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Sur le bord du Nil , j’ai rêvé Peter Ustinov .Des chaises volantes s’écrabouillaient d’un manège qui s’écroulait.Du sucre d’un nougat mou m’embrassait .Sur ma peau moite brûlée au zénith coulait des sueurs .Je croquais interdit des glaçons que je broyais sous mes dents .J’ai vu pleurer des tissus dans le vent d’un manège qui tournait, tournait, tournait. Sur le pont, immobile, abandonné dans ce délicieux vacarme des bois qui craquaient, fantômes aux nus pieds, voyageurs clandestins seuls témoins des amours passagers , il fallait que je parte .J’ai vu au pays de l’or, pays disparu sous les eaux du Nil ce qu’aucun des musées de Boston, Khartoum, Berlin, Leipzig, New York ou de Philadelphie ne pourraient m’ offrir.
Ici, les portes des maisons gardent la serrure à l’extérieur, signe de confiance dans la communauté, car les nubiens sont tous de la même famille. Des femmes vêtues et voilées de noir se lamentaient mais c’est au souk d’Assouan, près d’un étal qui croulait sous des marchandises de toutes sortes, statuettes de dieux, que j’ai vu.Sa peau noire , aux traits fins,sa silhouettes élancée dans une tenue blanche immaculée , ses vielles mains abîmées par le temps,  ses cheveux à peine protégés par un voile mal ajusté . Mains tremblotantes qui échangeaient de la monnaie égyptienne , des regards baissés, furtifs, parmi les enfants des rues voisines qui couraient en riant et des touristes qui saccageaient, touchant à tout, parlant trop fort pour un prix d’or.
J’ai vu ses mains tremblantes d’un geste délicat cacher sa peau , m’offrir juste ses yeux et son éclat, réparer l’étal pour une prochaine escale. 
 
Je te vois tournoyer sur ce manège dans ce ciel  orageux, pendu comme à un mat de cocagne, tu m’éclabousses de tes rires amoureux mais tes tissus qui dansent dans le ciel sont  déchirés à mes yeux. Je goûte le sucre déposé d’un nougat de tes lèvres mais dans mon sang circule d’autres rêves, je me suis noyé dans sa peau d’ébène, ébloui par l’éclat de ses yeux, ses mains fragiles brûlées par le soleil m’ont bercé de tant d’amour qu’un instant, j’ai vécu.

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