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        <title>CULTU</title>
        <description>No comments !</description>
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        <lastBuildDate>Tue, 22 Jul 2008 11:38:34 +0200</lastBuildDate>
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                <title>le baiser de l’hôtel de ville</title>
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                <author>noreply@ (cultu)</author>
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                                                <pubDate>Tue, 22 Jul 2008 11:38:34 +0200</pubDate>
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                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cultu.hautetfort.com/media/00/00/2038091220.jpg&quot; id=&quot;media-1133353&quot; alt=&quot;18465325_w434_h_q80.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-1133353&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#808080&quot;&gt;Tu sais dans sa correspondance il dosait mais il disait aussi que s’il devait quitter la France pour un exil , c’est Guernesey .&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;font color=&quot;#808080&quot;&gt;J’ai toujours su que dans l’enveloppe kraft scotchée au fond de la boite à gant de sa Peugeot 404 Berline Super Luxe il y avait un revolver argent 357 Magnum . C’est une époque où il fallait bouffer du soleil, s’étendre, s’entendre soleil. Soleil, soleil, il fallait en&amp;nbsp; dévorer à l’ indigestion. La mode était aux tournesols en plastique&amp;nbsp; qui ornaient le béton qui déjà était né .Ca cocotait le patchouli, l’encens, la pisse dans les premiers Otis qui te faisaient grimper au 12 ème . Il y avait là aussi déjà les premières morsures d’une époque qui tapissaient, gravaient la tôle de la cabine : des enculés, des fils de putes ou des mort aux cons. Du haut de ta cage que tu croyais dorée, t’avais une vue sur des milliers de chantiers, de terrains vagues, de cars qui&amp;nbsp; ramassaient les centaines d’ouvriers qui les menaient à d’autres dortoirs. La nuit, aussi beau que dans le générique de « bonne nuit les petits » , je me souviens de toutes ces lumières aux premières lucarnes dans ce gris métallique ou d’immenses grues athlétiques dressaient leurs bras sur la ville comme pour nous protéger, nous rassurer . Lui, il disait que même les&amp;nbsp; derniers liftiers des grandes boutiques puaient la laine de mouton ou le fromage de chèvre et qu’il croyait pas une seconde à la maison bleue adossée à la colline. Il avait des cicatrices sur tout le corps, je ne les ai jamais vu , mais il en avait bien d’autres plus apparentes.&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;font color=&quot;#808080&quot;&gt;Quand il voyait du Doisneau qui s’embrassait, le baiser de l’hôtel de ville, il avait comme des malaises, la tête qui tournait. Cette jeunesses insolente, elle lui faisait tant de mal.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;font color=&quot;#808080&quot;&gt;Aujourd’hui, allongé , à poil , sous une mince couverture qui me mène au bloc , un peu plus encore abîmé,&amp;nbsp; j’ai les yeux fixés au plafond et je vois défiler d’autres néons dans le bleu électrique de cette clinique. En attendant le monte charge, un Otis peut être&amp;nbsp; ,qui m’accompagnera plus bas, je pense à lui .&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;font color=&quot;#808080&quot;&gt;La 357 Magnum est certainement l'une des meilleures cartouches de revolvers mais il s’est encore loupé.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;font color=&quot;#808080&quot;&gt;De l’hôpital, de la prison, il disait que s’il devait quitter la France pour un exil , c’est Guernesey .&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;font color=&quot;#808080&quot;&gt;Un jour, j’ai su qu’il avait apprit à lire et qu’il aimait Victor Hugo.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; 
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                <title>Hôtel ...de ma plage !</title>
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                <author>noreply@ (cultu)</author>
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                                                <pubDate>Mon, 21 Jul 2008 10:46:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cultu.hautetfort.com/media/00/02/680493515.jpg&quot; id=&quot;media-1131565&quot; alt=&quot;chaise_vide_011187094725.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L’idée serait de mettre de lourds rideaux épais pour plonger la pièce dans le noir total mais je n’aime pas les rideaux. Enfin, ceux que je pourrais aimer ne sont ni lourds, ni épais et je sais que mes tigres s’agripperaient, les fenêtres restent comme elles sont depuis longtemps, déshabillées.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il reste les volets de bois, qui peuvent plonger une partie de la salle dans la pénombre mais le jour s’infiltre vite entre les lattes puis pour fermer ceux de la baie vitrée, il faudrait expulser toutes les fleurs, les pots, la terre, les pelles, les balconnières, chasser les araignées…pour déplier le grand volet de bois moisi qu’il faudra bien un jour repeindre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De toute façon, je ne suis plus fatigué mais 07H00 …Ce n’est pas que c’est très tôt, mais le soleil déjà…Je me suis imaginé prendre délicieusement un premier café et commencer un nouveau chapitre …les félins tournent déjà autour de moi , viennent se frotter , me câlinent …Le matin, le ventre vide, ils m’adorent, après, ils retrouvent leur savane , m’oublient, m’ignorent …&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le parquet craque, il faudrait retrouver le fauteuil planqué sous du linge, la couette, un sac de sport, une veste&amp;nbsp; pour le libérer et tout déposer ailleurs, mais où ? Le pire ce serait de faire de tomber les clés, un imposant trousseau, comme s'il était châtelain ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a quelqu'un dans mon lit !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a quelqu’un dans mon lit mais comme ce lit est aussi près du fauteuil, de la planche rouge vissée à quatre pieds métalliques sur lequel repose mon jardin, de la petite table encombrée de magazines , de bougies effondrées , d’un cendrier obèse , de la bibliothèque en désordre…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J’ai trouvé un vieux tabouret comme une vieille chaise de jardin public aussi vert et rouillé qui a résisté à tous les temps, toutes les tempêtes, toutes les fanfares du quotidien et j’ai posé ma tasse tiède sur la machine à laver le linge . Je suis adossé à la pierre froide et humide de l’évier, je regarde la mire de mon micro onde qui se trouve face à moi et à ma gauche, je vois, par-dessus les arbres, des courageux grimper, en seconde, pour regagner le trafic. Tu ne peux grimper qu’en seconde ce col qui t’amène parmi les autres, je sais de quoi je parle, je l’empruntai encore la semaine dernière.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Il parait que mercredi il fera très chaud.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Non, ce n’est pas la radio mais hier, on m’a dit que mercredi…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Véridique, j’ai du voir une maison bleue en cours de construction, au Kenya, une maison qui du toit, de l’immense terrasse…J’ai du continuer un moment à zapper sur du déjà vu, revu, chaud, froid, sans oreiller, avec , un verre d’eau…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Il faudrait refaire la cuisine !&lt;br /&gt; Elle est laide.&lt;br /&gt; Le chien dit bonjour à la poubelle.&lt;br /&gt; Tous les matins au réveil, il est devant.&lt;br /&gt; Il l’observe, la renifle, parfois la lèche.&lt;br /&gt; Un bon moment, il reste près d’elle, comme si elle allait un jour s’ouvrir toute seule et que dégoulinerait rien que pour lui les restes d’un dimanche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Mon lit est toujours occupé.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Mon lit comme les quatre pièces en une : dortoir, salon, salle à manger et mon jardin sur ma table rouge vissée à quatre pieds métalliques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; L’évier est inconfortable, dur…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Il faudrait pouvoir ouvrir la fenêtre de la kitchenette ,&amp;nbsp; traverser un jardin, descendre un petit escalier en pierre qui donne sur une plage de sable fin, marcher un peu, piquer un plongeon dans l’eau froide matinale de l’océan puis commander au plagiste qui commence à installer le décor de bien vouloir me servir un premier café , avec ou sans croissants , avec ou sans lui…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Accordez vous une pause jeune homme, le temps d’un amer devant la mer. Les huilés arriveront bien plus tard avec leurs moutards , leurs chapeaux de paille, leurs fesses musclées prêtent à cramer, leur lunettes de stars sur des engins motorisés pour battre en neige le blanc de l’écume …sans sucre !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Bon, je commence vraiment à ma statufier, marbre, la poubelle&amp;nbsp; bave un reste de sauce des pâtes à la tomate que le chien lèche, j’ai mal au cul sur le fer du tabouret , au coup, je vais l’appeler sur son portable, l’inconnu sera obligé de se réveiller :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Allo&lt;br /&gt; - Euh…allo, yes…&lt;br /&gt; - (silence)&lt;br /&gt; - but, what time is it ?&lt;br /&gt; - it’s time to get the hell out of here !&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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                <title>Le loup de la côte ouest</title>
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                <author>noreply@ (cultu)</author>
                                                <category>Raconte moi...</category>
                                                <pubDate>Fri, 18 Jul 2008 13:04:01 +0200</pubDate>
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                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cultu.hautetfort.com/media/01/02/1833378240.jpg&quot; id=&quot;media-1127905&quot; alt=&quot;Pfilm5601353250752.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-1127905&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Lorsqu’il claquait une portière, il le faisait toujours avec brutalité. Du moins, au début, j’ai cru qu’il était coléreux, comme des sauts d’humeurs. Il en était de même avec la porte du garage, la porte chez les uns, chez les autres, toutes les portes claquaient. Je me demande encore comment la Torino a pu autant résister. Les cascades, les vues magnifiques, la fonte des neiges qui à la fin du printemps formait des chutes, les cinquièmes au monde me précisait il, des chutes incroyables… Il y avait sur le mur de sa chambre des tas de photos de Fischerman's Warf , à l’époque de l’ancien port. Quand il voulait fuir, dans l’urgence, pour une ou deux heures, je me retrouvais enfermé dans sa piaule au Stratosphère où il était bagagiste, à l’écouter me raconter son histoire pendant qu’il décrochait avec soin tous ses souvenirs scotchés aux quatre murs de sa prison bruyante au dessus du casino de l’hôtel . Quand il fallait compter plus qu’une ou deux heures,&amp;nbsp; je savais que la vieille Ford nous emmènerait encore plus loin, pour un ou deux jours, parfois plus, en silence ou alors dans un monologue incroyable dans lequel il était capable de me raconter avec précision toute l’histoire de la côte ouest. J’ai cru souvent qu’il en rajoutait, qu’il en inventait même, mais un jour, vexé, il m’a planté dans un des huit états de la 66, une bonne heure qui m’a paru bien plus longue, tout seul, sur le bord de la route . Depuis, j’ai toujours cru toutes ses histoires, son histoire, comme celle de ce côté des états unis. J’ai jamais beaucoup aimé les westerns mais un matin, tôt, très tôt, il est venu frapper à ma porte pour que je sache où Hollywood venait tourner autrefois. Il me manquait mon premier expresso du petit italien en bas de chez moi, une douche fraîche, mais nous nous sommes retrouvés en pleine réserve indienne et dans un silence incroyable, nous avons regardé le jour se lever sur ce paysage que je n’oublierai jamais. J’ai du le suivre un peu partout, un peu n’importe comment. Bien sur que j’en étais très amoureux, à en perdre mon job, des jobs, des amis, ma chambre que je ne pouvais plus payer au black au gérant tordu d’un motel de bord de route qui n’a jamais voulu me rendre mes affaires. Mais quand on me posait des questions, je répondais que c’était uniquement pour la Torino. Nous sommes restés quelques temps à&amp;nbsp; Seligman, puis il a retrouvé une place au CAESAR'S PALACE. Un soir, le long de cette vieille route nationale, il a imaginé réanimer un vieux parc d’attraction abandonné dans la poussière. J’ai du me retenir de sourire, de rigoler, je n’avais pas envie de le vexer et qu’il me plante à nouveau, car ce soir là, il avait la même façon de me parler, si sûr de lui. J’ai du l’attendre tout un après midi&amp;nbsp; à&amp;nbsp; Peach Springs, au bar de notre motel. Je me souviens avoir dévoré ce jour là &quot;The Grapes of Wrath&quot;, le seul livre qu’il avait, celui que sa mère lui aurait offert pour ses dix huit ans et je n’avais pas vu le temps passer.&lt;br /&gt; Il m’avait promis de louer une Corvette un jour pour faire de la vitesse sur la vielle route. Il m’avait promis tant et tant de choses, je m’en foutais faut dire, comme le temps, le temps que je n’ai pas vu passer …&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; 
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                <title>Requiem pour un con</title>
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                <author>noreply@ (cultu)</author>
                                                <category>Zoom</category>
                                                <pubDate>Thu, 17 Jul 2008 01:35:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Ils pensaient que c’était la cigarette du matin. Pendant ce temps là, sur son vélo d’appartement son père montait les cols les plus ardus scotché devant un télé-achat qui aboyait des affaires incroyables , en sueurs, la veine du front gonflée par tant d’efforts, la salive au bord des lèvres, une oreillette qui rythmait techno , un bracelet serré à son poignet qui calculait les battements de son cœur .De la cuisine, elle , sa mère, tirait sur des Marlboro en récitant &quot; requiem pour un con &quot;. La cigarette du matin arrivait après le premier café trop serré, mais ils pensaient que c’était de sa faute , la cigarette . Pourtant, tous les jours, il dégueulait. Face au miroir, il était rouge, rouge prêt à exploser , les yeux humides mais humides comme lorsqu’on s’étouffe , penché sur le lavabo, la bouche mentholée par le dentifrice , il vomissait .S’agrippant, malade, aux rebords de l’émail, il reprenait son souffle , respirait un quart de secondes puis à nouveau, tout son corps rejetait .Il avait mal, partout, au ventre, à la gorge, au larynx , rien à vomir et pourtant . Le tensiomètre lui affichait des performances exceptionnelles , elle savait qu’avec sa volonté , elle, elle diviserait par deux sa consommation de clopes. Le soleil brillait comme un beau jour de juin sur leur 12ème étage mais été comme hiver, après le douloureux rituel de la salle de bain, il aimait se retrouver seul dans ces silences presque comme Matthew Modine dans &quot; Birdy &quot;, dans un angle du balcon béton ,presque nu . La boite aux lettres était souvent pleine à craquer d’un tas de bons de réductions, de factures, de prospectus en tous genre mais autour du cou, il y avait cette petite clé qui lui permettait le premier de courir après le facteur. Elle avait beau lui expliquer que le dimanche était comme un jour férié, mais à 12h30, il cavalait à très grande vitesse les 840 marches avant de remonter , même allure, pour terminer, essoufflé dans un autre angle du balcon béton, comme un oiseau blessé . Un jour il a eu quarante deux ans et sa tête a cogné , plusieurs fois, violemment, en arrière, en avant, dans les escaliers de la grande tour, sur les murs, la peinture blanche crépis couverte de sang, du haut du 12ème au rez de chaussée. Il aurait à nouveau glissé mais comme ce n’était pas la première fois, les voisins ont pensé que du haut, ce n’était plus un accident. J’ai vu danser des feux d’artifices silencieux haut dans le ciel , des trains de marchandises rentrer en gare sur la pointe de leurs pieds ,aciers hurlants, des étincelles rouges dans la nuit bleutée de cette nuit d’été et je me suis souvenu de ses barreaux blancs à mon lit d’enfant, abandonné des heures, cognant ma tête en arrière , fort, de plus en plus fort, comme le font les tambours qui au loin arrivent et s’immobilisent soudainement sous ma fenêtre le jour de la fête des morts . J’ai du m’endormir souvent d’épuisement , le crane cabossé , les yeux fatigués par tant d’hurlements alors que l’hymne à la joie , en stéréo, la symphonie numéro 9 couvrait d’autres guerres dans le salon. Un jour après la libération, d’un pont ,on m’a raconté qu’ elle se serait pendue . Un autre jour , on aurait appris, m’a t on raconté aussi, qu’elle aurait été tondue devant une foule pleine de haine. Un jour du 12ème , il avait voulu peut être s’envoler. Depuis, elle, elle ne fume plus , grâce à la volonté. Lui, il regarde le ciel , les lèvres tremblotantes presque pour pleurer même s’il n’a jamais su pleurer car un homme ne pleure pas ou pour demander quelque chose, comme un pardon mais il ne peut rester que muet même si son tensiomètre lui indique qu’il est en pleine forme, physique . Depuis , plus personne ne descend chercher le courrier .&lt;/p&gt; 
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                <title>Mousse à raser</title>
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                <author>noreply@ (cultu)</author>
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                                                <pubDate>Tue, 15 Jul 2008 11:20:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cultu.hautetfort.com/media/00/00/647310148.jpg&quot; id=&quot;media-1123388&quot; alt=&quot;WATER.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-1123388&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;b&gt;Evidemment, j’aimerai bien pouvoir faire&amp;nbsp; des galipettes et plouf dans l'eau des Antilles beau sombrero pour moi, pour toi mantille manger des papayes à Papeete, un cake aux Galapagos les goyaves de Guayaquil à toutes les sauces plonger dans les mers de corail…comme dans la song de&amp;nbsp; Jonasz !&lt;br /&gt; J’ai reçu un coup de marteau ce matin , un , non, plusieurs et un fou à voulu me découper à la tronçonneuse !&lt;br /&gt; Alors j’avale nerveusement un cocktail&amp;nbsp;&amp;nbsp; Alka-Seltzer , Lexomil, café corsé , je trouve un indice de protection et j’me barre faire 10 000 longueurs dans le bassin extérieur. Y a des jours…&amp;nbsp; Bonjour les courageux, les chanceux aussi et les ( salauds de) bricoleurs !&lt;br /&gt; Hier, j’ai vu un film magnifique mais je ne me souviens plus du titre et je m’y suis tellement emmerdé , un truc palmé je ne sais plus où !&lt;/b&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;J’ai du juste retenir les Gambas du resto du bord de boulevard , Gambas aussi grandes que des petites crevettes grises.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;b&gt;Enfin, la mayonnaise était maison !&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;b&gt;NON, pas 10 000 longueurs, 100 000 ! ! !&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; 
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                <title>HB</title>
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                <author>noreply@ (cultu)</author>
                                                <category>Zoom</category>
                                                <pubDate>Sat, 12 Jul 2008 12:04:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cultu.hautetfort.com/media/00/01/1966962376.JPG&quot; id=&quot;media-1119555&quot; alt=&quot;DSC00632.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-1119555&quot; /&gt;&lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#999999&quot;&gt;Aux premières heures du matin il dépliait la chaise à la fenêtre de la cuisine attendant patiemment que le café termine, tirant sur la fin d’un El Morro abandonné la veille sur le bord d’une porcelaine . Patiemment, il avait le temps et le temps il avait décidé de le prendre , de ne plus le compter,&amp;nbsp; le savourer, comme il aimait avec adresse et raffinement décapiter la tête de son premier Havane. Il savait qu’il y avait là comme quelque chose de barbare .&amp;nbsp; Le cigare à la bouche, il aspirait lentement en éloignant la flamme de deux à trois centimètres du pied, le faisant lentement pivoter , sans cesser l'allumage. La cafetière se remplissait lentement , plus bas le néon vert d’une pharmacie clignotait, plus loin des pressés s’engouffraient sous terre, quelques bus commençaient à se croiser, il savait qu’aujourd’hui tout serait gris mais il aimait lui aussi le gris, il avait toujours aimé le gris. Un jour, on lui avait proposé de mettre des rideaux à ses fenêtres, de changer toutes les fenêtres mais il préférait le bois humide presque moisi, la fraîcheur matinale du carrelage de la cuisine sous ses pieds nus, et surtout son petit aérateur circulaire pour carreau de fenêtre si poussiéreux qui n’avait sans doute jamais tourné. Il aurait pu aussi avoir un réfrigérateur mais comme la pièce était si petite, comment aurait il pu la déplier. Un été , un dimanche 23 août,&amp;nbsp; comme après une pluie fine,une fin d’après midi, il avait replié son journal, son&amp;nbsp; parapluie , la chaise du jardin public puis il était remonté la placer là, face à la fenêtre de la cuisine, regardant Paris sous la pluie, la pluie sous les toits .&lt;br /&gt; Il avait peut être pleuré quelques secondes , c’était encore l’époque où le temps était compté, mais ce n’était pas de tristesse , il aimait le gris, la pluie, ce gris, il y a tant de gris qu’il aime aujourd’hui. Autrefois ,oui, mais aujourd’hui, patiemment, il apprend, il goûte, il savoure , une première tasse, aussi. C’est étrange, un jour, un jeune couple, plus bas, qui le croisait souvent rue des deux gares où plus haut, d’en bas,&amp;nbsp; très tôt à sa fenêtre , sa tasse, un Havane, pensa lui faire plaisir. De retour d’un voyage au Nicaragua, enveloppé dans un journal local, un Torpedo , elle en avait les yeux qui brillent, il était beau , la peau&amp;nbsp; burinée, aux cheveux gris . Comment ne pas trop aimer à le regarder ,lever les yeux&amp;nbsp; au ciel gris mais ils sont beaux, si beaux, le ciel, lui...&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je le guillotinerai plus tard ... Merci... Oui , du haut de mon perchoir...&amp;nbsp; Il est si beau et de si loin... Oui, je suis comme le gardien de mon phare , des paquebots sur rails...&amp;nbsp; Mais je vous invite pour un café , un soda ... Du bruit aussi , parfois, quelques soldats , gare de l’Est ... Un autre jour alors, d’accord.&lt;br /&gt; Une autre tasse et le temps passe , s’écoule , tièdement , lentement , les bruits de la ville au loin semblent découper délicatement le petit matin des autres instants de ses journées .Aujourd’hui , c’est encore un autre couleur, un gris plus léger, peut être&amp;nbsp; comme un crayon HB .&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; 
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                <title>Sur le bord du Nil , j’ai rêvé Peter Ustinov</title>
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                <author>noreply@ (cultu)</author>
                                                <category>Zoom</category>
                                                <pubDate>Sat, 05 Jul 2008 13:03:50 +0200</pubDate>
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                     &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cultu.hautetfort.com/media/01/00/772533361.jpg&quot; id=&quot;media-1108722&quot; alt=&quot;images.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Sur le bord du Nil , j’ai rêvé Peter Ustinov .Des chaises volantes s’écrabouillaient d’un manège qui s’écroulait.Du sucre d’un nougat mou m’embrassait .Sur ma peau moite brûlée au zénith coulait des sueurs .Je croquais interdit des glaçons que je broyais sous mes dents .J’ai vu pleurer des tissus dans le vent d’un manège qui tournait, tournait, tournait. Sur le pont, immobile, abandonné dans ce délicieux vacarme des bois qui craquaient, fantômes aux nus pieds, voyageurs clandestins seuls témoins des amours passagers , il fallait que je parte .J’ai vu au pays de l’or, pays disparu sous les eaux du Nil ce qu’aucun des musées de Boston, Khartoum, Berlin, Leipzig, New York ou de Philadelphie ne pourraient m’ offrir.&lt;br /&gt; Ici, les portes des maisons gardent la serrure à l’extérieur, signe de confiance dans la communauté, car les nubiens sont tous de la même famille. Des femmes vêtues et voilées de noir se lamentaient mais c’est au souk d’Assouan, près d’un étal qui croulait sous des marchandises de toutes sortes, statuettes de dieux, que j’ai vu.Sa peau noire , aux traits fins,sa silhouettes élancée dans une tenue blanche immaculée , ses vielles mains abîmées par le temps,&amp;nbsp; ses cheveux à peine protégés par un voile mal ajusté . Mains tremblotantes qui échangeaient de la monnaie égyptienne , des regards baissés, furtifs, parmi les enfants des rues voisines qui couraient en riant et des touristes qui saccageaient, touchant à tout, parlant trop fort pour un prix d’or.&lt;br /&gt; J’ai vu ses mains tremblantes d’un geste délicat cacher sa peau , m’offrir juste ses yeux et son éclat, réparer l’étal pour une prochaine escale.&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; Je te vois tournoyer sur ce manège dans ce ciel&amp;nbsp; orageux, pendu comme à un mat de cocagne, tu m’éclabousses de tes rires amoureux mais tes tissus qui dansent dans le ciel sont&amp;nbsp; déchirés à mes yeux. Je goûte le sucre déposé d’un nougat de tes lèvres mais dans mon sang circule d’autres rêves, je me suis noyé dans sa peau d’ébène, ébloui par l’éclat de ses yeux, ses mains fragiles brûlées par le soleil m’ont bercé de tant d’amour qu’un instant, j’ai vécu.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; 
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                <title>Le ciel peut attendre</title>
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                <author>noreply@ (cultu)</author>
                                                <category>Raconte moi...</category>
                                                <pubDate>Wed, 02 Jul 2008 13:57:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cultu.hautetfort.com/media/00/01/1787981784.jpg&quot; id=&quot;media-1103926&quot; alt=&quot;Retrospectiva_Clasica_Ernst_Lubitsch.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-1103926&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;Sur le bord d’un bar, hagard, j’ai vu des verrines , des choses colorées, tu sais, du poisson , à la mode, ils en mettent partout . Du poisson, je déteste le poisson. L’endroit ne ressemblait pas à un décor en papier carton mais c’était bien du solide, petit, mais arrangé pour qu’il fasse grand. L’espace, tu sais, ce mot aussi , l’espace , est à la mode. Je le déteste aussi. J’ai du arrivé trop tôt , la lumière n’était pas la bonne, il y avait une petite agitation autour des tables, les serveurs chahutaient sagement, tout était blanc comme pour un mariage , un son très new age en sourdine tamisait l’ambiance . Je suis resté un long moment sur un des tabourets, tu sais, comme notre très vieux canapé anglais , capitonné et clouté main selon la tradition des anciens maîtres tapissiers. Ils étaient alignés , le cuir brillant , le long de l’immense bar en forme de S . J’ai demandé une coupe de champagne puisqu’ une bouteille dans un seau était déjà ouverte. Un jour , j’ai du monter à bord pour un dîner-croisière sur la Seine . Il pleuvait des cordes , comme aujourd’hui . Comme aujourd’hui aussi j’ai du venir. Il faut descendre un escalier de vieilles pierres , longer un long couloir voûté , pour se retrouver dans cette cave blanche . Mais tu sais, malgré ce petit parcourt , j’entendais quand même la pluie tomber dru , comme ce jour ennuyant lors de ce dîner sur la seine. J’ai imaginé une fenêtre cachée derrière un rideau rouge épais mais peut être pas assez épais . J’ai repéré mon nom sur&amp;nbsp; une table parmi cinq autres inconnus. Il y avait une faute . Il y a toujours une faute à mon nom. Ce n’était peu être pas le mien. J’ai du me faire offrir une seconde coupe . J’ai souhaité juste une coupe , une seconde coupe alors le barman avenant qui devait avoir une grande expérience de sa clientèle retourna poliment à l’autre bout du S. Nous nous sommes retrouvés soudainement comme dans le fond d’un bassin d’une piscine vidée. Il y avait au mur des mosaïques projetées , un bleu si bleu, une musique un peu plus présente . J’ai joué avec l’un des rideaux pour trouver la fenêtre, une fenêtre , entendre encore un peu la pluie avant le bruit.&amp;nbsp; Un homme grisonnant la cinquantaine habillé haute couture , trop maquillé , traversa la salle d’un regard froid pour inspecter son chantier . L’architecte s’avança vers moi, d’un sourire trop commerçant il me proposa de libérer le tabouret . Je n’avais pas terminé ma coupe, j’avais faim , il me présenta, de ses mots , « la bête », soulevant un drap blanc épais qui le protégeait. Il m’écœura soudainement autant que le lieu, les verrines, le bleu piscine en parlant ainsi de cet ange magnifique , de ce bijou si rarement rencontré, échoué, ici. Je lui fit remarquer que son Bechstein&amp;nbsp; avait une sonorité chaude et lyrique, un clavier précis et équilibré , mais qu’il était désaccordé.&lt;br /&gt; Il cru un instant à un caprice puis accepta un numéro dans mon petit carnet. Il pleuvait encore&amp;nbsp; mais je suis allé sur le boulevard marcher un peu , savourer un Quintero et comme le moment était délicieux, j’ai du le laisser s’éteindre et le rallumer plusieurs fois. J’ai marché longtemps , j’ai reconnu nos jardins, nos bancs, nos pavés, notre chambre sous les toits, j’ai marché encore, longtemps, longtemps avec toi.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je n’y suis jamais retourné.&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; 
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                <title>Forget me not    ( par linaigrette)</title>
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                <author>noreply@ (cultu)</author>
                                                <category>Raconte moi...</category>
                                                <pubDate>Wed, 02 Jul 2008 11:34:19 +0200</pubDate>
                <description>
                     ... tu sais j'adore marcher sur les chemins peu fréquentés... un jour de grande chaleur nous avions découvert ce village, Gargillesse... et puis au détour d'un petit champ la rivière... nous avions décidé de nous arrêter là quelques jours, loger chez l'habitant et l'habitant était frustre mais si compréhensif... en fin de matinée, avant que le soleil n'atteigne le haut du ciel, je me suis baignée... l'eau était d'une fraîcheur douloureuse au premier abord, mais si douce au bout d'un moment... le sable courait entre les orteils et me faisait rire... parfois un petit poisson égaré semblait en extase pas loin et s'enfuyait brusquement, profitant du courant... te souviens-tu de notre chambre atelier au toit pentu... de la fenêtre à petits carreaux ouvrant sur les blés... te souviens-tu que c'est là que tu as terminé la gravure de commande, si détaillée, si minutieuse que les lunettes te tombaient du nez... c'est là aussi que j'ai écrit une petite nouvelle... il faut bien vivre et j'aime tant vivre... te souviens-tu des oeufs frais pondus et des épinards si tendres que j'avais cuisinés à la crème... moi, je me souviens comme tu étais si réservé, si respectueux... comme j'aimais allumer le feu à la tombée de la nuit, quand déjà la hulotte crie dans le champ voisin... c'est au crépuscule que je m'asseyais au piano, les bougies coulaient sur le napperon blanc brodé par mes soins il y a longtemps... dans le silence nocturne la musique était là si moelleuse si virevoltante... en nous, en nous...&lt;br /&gt; l. 
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                <title>Forget me not</title>
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                <author>noreply@ (cultu)</author>
                                                <category>Raconte moi...</category>
                                                <pubDate>Tue, 01 Jul 2008 12:24:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cultu.hautetfort.com/media/00/00/1235963183.png&quot; id=&quot;media-1101896&quot; alt=&quot;485px-Sand-Nadar.png&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-1101896&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Eteindre des volcans, éteindre des volcans…Un jour il faudra graisser la porte , depuis le temps , la porte et les volets , arracher les mauvaises herbes…et le toit, le toit, l’état du toit…Elle hésita entre reprendre un bol de café tiède, se rallumer une cigarette, regarder à nouveau derrière elle , la maison , se taire, continuer à faire comme un inventaire de ce qui n’allait pas , repasser du marron sur ses lèvres, rejoindre son hôtel, les attendre, reprendre un taxi, marcher&amp;nbsp; en dehors des sentiers parce qu’il fallait marcher en dehors des sentiers se souvenait elle, pensant à son sable rouge, le lac et ses terrifiants crocodiles .&amp;nbsp; Cette journée , l’était elle aussi ? Toute petite, il lui racontait de ne jamais reprendre les mêmes chemins pour rentrer à la maison, d’éviter de parcourir toujours les mêmes sentiers, de rajouter tous les jours un nouveau mot à son vocabulaire , un mot inconnu, un mot à découvrir et d’écrire une phrase dans son cahier pour le retenir,&amp;nbsp; l’utiliser au moins une fois dans la semaine , regarder les oiseaux, les reptiles, les plantes, les connaître, les reconnaître. Il admirait les baobabs , mais son plus beaux souvenir c’était de marcher avec lui , ce paysage de savane arborée à perte de vue et la nuit, observer les oiseaux. Tao voulait l’accompagner mais à l’aéroport , juste avant d’embarquer , elle lui avait murmuré à l’oreille , comme pour le taquiner « Qu'ils soient riches ou même sans un sou, les hommes ont des sourires terribles … » puis sans se retourner, elle continuait à la chanter , sur la passerelle , presque à voix haute, sans une faute, sans une fausse note . Elle n ’avait pas de dates à lui proposer, ni d’heures, ni d’adresses , ce n’était pas le plus important, elle savait se diriger , il savait qu’elle saurait. Le soleil était au zénith , son paquet de tabac brun&amp;nbsp; terminé, elle souriait presque en pensant à ce vieil homme, ce vieil homme sur la moto .Il lui avait proposé un tout autre tarif alors elle avait accepté son vieux taxi à deux roues, la poussière, le bruit, sa voix rauque qui hurlait des histoires incroyables pendant la course. Au moment de payer, il lui raconta qu’autrefois, dans cette baraque, il y avait de la musique, de la bière, beaucoup de bière et bien d’autres alcools et que les femmes qui traînaient au salon étaient de «&amp;nbsp; mauvaises&amp;nbsp; » femmes. Elle aurait pu rester, les attendre, évoquer le passé mais aussi ce qu’ils étaient devenus mais il fallait qu’elle trouve un nouveau mot à son vocabulaire , un mot inconnu, un mot à découvrir et écrire une phrase dans son cahier pour le retenir,&amp;nbsp; l’utiliser au moins une fois dans la semaine…&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; 
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