mardi, 10 juin 2008
A sweet sadness par linaigrette

... il était un peu plus de 18h enfin 6 pm quoi... Elle écoutait les rigolades de Z. ses commentaires sur le thé du jour et puis la zique en direct avec les habituelles plaisanteries sur des instruments bizarres... allongée sur le lit façon Mme de Staël mais avec un châle sur le dos, elle lisait en même temps un policier gentil où des chats sont des vedettes et un journaliste aime une bibliothécaire... enfin elle lisait un livre où il y a des livres et des chats et ça lui faisait bien plaisir... et puis le téléphone a sonné... il était répandu littéralement sur une pelouse au bord de Hudson River... la chaleur atteignait les 100 degrés F... à plat ventre et les lunettes noires sur le nez il contemplait les fesses du beau gars vautré devant lui et s'efforçait de prendre un air concentré sur le livre qu'il avait ouvert et qui absorbait tant bien que mal la sueur qui coulait de ses poignets... le livre arrivait de Paris via un pote en vacances... "Une mélancolie arabe" de Abdellah Taïa... alors ils parlèrent des élections américaines... ils avaient peur d'un attentat et depuis qu'il avait déménagé pour Harlem il comprenait mieux certaines choses... pourquoi les Afro-Américains des douanes étaient si insolents et méprisants à l'égard des Afro-Africains qui débarquaient à JFK airport... il aimait tellement Harlem qu'il resterait là même si c'était difficile parfois... lui le blond aux yeux bleus venu de nulle part et qui tentait d'écrire, de décortiquer ses relations... ils parlèrent une bonne heure comme ça et rirent beaucoup... des fesses du garçon... de l'écriture... elle parlait du pays aussi des fleurs du balcon et du ciel gris de gris comme on dit d'un vin qu'il est "blanc de blanc"... tout en observant les avions au loin elle pensait "que faire pour le rejoindre" elle aurait voulu s'échapper s'envoler et d'un sourire en coin lui suggérer "vous ne voulez pas m'accompagner au Met? plutôt que de passer sous le vaporisateur d'eau glacée installé tout près, là-bas au moins c'est climatisé..." au lieu de cela elle plaisantait disait "vous ne voulez pas aimer une vieille dame pour une fois..." et il répondait de sa voix de basse murmurante "mais vous savez que je vous adOre depuis toujours, non?"...
l.
l.
09:28 Publié dans NYC | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : harlem, mme de staël, "une mélancolie arabe" de abdellah taïa, nouvelles et textes brefs



