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        <title>cultu - raconte-moi</title>
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        <lastBuildDate>Wed, 03 Sep 2008 19:25:58 +0200</lastBuildDate>
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                <title>Sophia Loren</title>
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                <author>noreply@ (cultu)</author>
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                                                <pubDate>Mon, 01 Sep 2008 11:42:52 +0200</pubDate>
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                     &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;M’man adorait les poules. Elle en avait une sur son balcon. Les poules et les omelettes même si Sophia Loren ne pondait plus. Elle lui trouvait une belle robe , de belles couleurs , un déhanchement de starlette , un appétit de mannequin, mais pour l’omelette, fallait descendre chez Abdelkader. Roger Gicquel ne me terrorisait pas , il ne me faisait vraiment pas peur avec son regard sévère au moment de mon Fanta ,de mes Pépitos , mon apéritif du vingt heures .Nous dînions toujours très tard, M’man était bavarde, Abdelkader aussi. Parfois, c’est lui qui cuisinait l’omelette .Il fermait la boutique puis remontait avec un peu de tout, de rien, des Pépitos, des œufs, du Fanta, un rosé du Languedoc hors de prix alors M’man s’exclamait : &quot; Oh, non, fallait pas ! &quot; . Tout était hors de prix dans sa petite boutique ouverte sept jours sur sept mais il était généreux et quand tu passais à la caisse, s’il manquait , il notait sur un petit cahier. L’omelette au gruyère c’était sa spécialité . Sur la petite table du salon il posait la poêle puis il coupait trois parts égales qu’il parsemait de persil frais comme le maître d’hôtel d’un grand restaurant , avec grâce, élégance , raffinement. M’man prenait alors des airs de comtesse , elle se lavait les mains avant de passer à table, se maquillait légèrement, saluait Sophia avec politesse, puis nous nous serrions un peu comme dans le bus pour trouver notre place assise sur le canapé amoché .Elle trempait alors dans son verre de rosé du Languedoc un doigt porte bonheur qui venait caresser avec tendresse la peau d’Abdelkader, puis, la bouche pleine ,M’man ne tarissait pas d’éloges à propos de l’omelette, l’omelette d’Abdel, ce persil qui sur le bout de sa langue devenait caviar. Dans un cendrier jaune Ricard flottaient quelques glaçons qu’il attrapait avec la pince à sucre pour que le rosé soit moins tiède , pour que tout soit parfait, et tout était parfait. Elle s’endormait sur le générique de fin des &quot;&amp;nbsp; dossiers de l’écran&amp;nbsp; &quot;, parfois elle ronflait, parfois elle rêvait à voix haute , parfois même ,tiède, elle terminait le fond de la bouteille de champagne du Languedoc, pleurait, puis elle se reprenait en avouant qu’elle n’aimait pas Alain Jérôme, qu’elle préférait garder le souvenir de Joseph Pasteur. Elle était très grossière avec Sophia mais Sophia était si matinale et de toute façon Abdelkader à 11 heures était derrière sa caisse depuis l’aube à remplir son petit carnet pour les gens du quartier.C’était pour un bal du 14 juillet, la pluie avait tout gâchée, mais du haut de la falaise on pouvait voir la mer . Il y avait un vent terrible mais la chapelle, petite forteresse, Notre-Dame-de-Bons-Secours, pouvait aussi les abriter et de toute façon, elle avouait, c’était bien elle qui avait voulu voir la mer. Il avait posé sur ses épaules sa vielle veste de cuir mais comme la pluie était trop froide, ils étaient restés de longs moments l’un contre l’autre à l’arrière de son automobile. Il avait eu un mot drôle, peut être juste une phrase , le regard rêveur des yeux noirs , ces beaux yeux noirs et Dick Rivers chantait à la radio qu’il était le plus fort, le plus beau dans sa caisse américaine et comme dans un happy hend hollywoodien, elle l’avait embrassé comme le plus beau jour de sa vie, même si ce n’était pas une fin, ni du cinéma. Elle se souvient encore de cette falaise comme si c’était hier, cette falaise, son &quot; drive in &quot; comme elle aime me raconter parfois . Je n’en ai jamais su plus sur l’accident , peut être à cause de la vitesse, de la route glissante, il n’avait pas trente ans . Etre né quelque part , quelques mois plus tard, comme un accident, aussi, je suis.&lt;/p&gt; 
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                <title>Dis, quand reviendras-tu ?</title>
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                <author>noreply@ (cultu)</author>
                                                <category>Raconte moi...</category>
                                                <pubDate>Wed, 13 Aug 2008 06:38:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #333333;&quot;&gt;&lt;b&gt;'... trouver du temps pour faire ceci, trouver du temps pour faire cela, mais la vérité, tu sais, ma fille, le temps , le temps, le temps …ne manque pas '' …sur un petit bout de la banquette piano , noyer brillant, velours or , sur son désaccordé, elle :'... trouver du temps pour faire ceci, trouver du temps pour faire cela, mais la vérité, tu sais, ma fille, le temps , le temps, le temps …ne manque pas '. De ses très vieilles fenêtres en bois , elle aime toujours autant le regarder , sous la pluie, sous la neige et sa colline aussi qui domine, domine sa bourgade. Son Robbin, l’Irlandais, n’a jamais voulu. Mais elle le répétait souvent : sur des papiers canson je me souviens de toi, de tout, de tous, le Catalan, le Portugais , le Martina Franca d’Italie, celui d’Egypte et le nain de Sardaigne alors que dans mes cordons, mes rubans, points bourdons, chevrons, nid d'abeille, damiers, percés ....Un jour, sur ma banquette à piano j’ai cru que tu essayerais mais tes crayons, canson, je me suis fait comme une raison .L’âne galope rarement à quatre temps , crois moi, et même si les gens du village racontent, Robbin à un sous –poil laineux qui l’aide à affronter tous nos hivers. Je suis si contente que tu sois venue.J’ai retrouvé aussi ton passe thé du XIXème siècle que tu avais déniché à Bath dans une brocante . J’ai déjà hâte que tu me reviennes , grimper ma colline , que sur un canson, tu me le dessines. Non, je n’ai pas froid , regarde, mes mains travaillent toujours autant, du fil mat, que du fil mat. Je suis si émue que tu t’en souviennes , notre petite cantate ' …trouver du temps pour faire ceci, trouver du temps pour faire… '. J’aime couper le bois, regarder la pluie , le vert des près, l’odeur de foin coupé qui monte de la terre mouillée, j’aime la mousse humide des sentiers , tous tes dessins aussi, oui, mais toi je t’aime , je t’aime, tu es ma fille , même si un jour le long du Royal Crescent , notre dernière promenade, tu as préféré rester ici, là bas, avec lui. Non, rien ne me manque , peut être des fils ronds, des clous pour la porte de la grange, une autre paire de bottes pour quand tu reviendras, pour ma colline, le reste, j’ai tout oublié .&lt;br /&gt; Allez , même si tu n’as jamais voulu, viens là t’asseoir près de moi, juste une fois, sur ma banquette piano et…' trouver du temps pour faire ceci, trouver du temps pour faire cela, mais la vérité, tu sais, ma fille, le temps , le temps, le temps …ne manque pas '.&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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                <title>Happy grapes</title>
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                <author>noreply@ (cultu)</author>
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                                                <pubDate>Thu, 24 Jul 2008 12:15:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cultu.hautetfort.com/media/01/01/609552304.jpg&quot; id=&quot;media-1136261&quot; alt=&quot;greta.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-1136261&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#808080&quot;&gt;A la fin du repas, il montait sur sa chaise, le silence se faisait alors religieux, il fermait les yeux quelques secondes comme pour se concentrer, prendre un souffle puis d’un coup, un bras se dépliait lentement vers la lumière, de sa voix grave et rauque, il transformait la vieille grange en un lieu très étrange, peut être comme un théâtre antique où allait se jouer une tragédie. Les châtelains qui avaient hérité de quelques hectares voulaient poursuivre et quand Madame accueillait un nouveau, elle prenait des airs très aristocratiques devant sa belle demeure, serrait une main du bout des doigts et terminait toujours les présentations et le règlement par ses quelques mots : violette, fruits noirs, réglisse, zan …Parfois, quand elle était d’humeur, elle partageait le repas avec les ouvriers, racontait avec moult détails historiques aux uns et aux autres&amp;nbsp; les origines de la Négrette. Les habitués qui revenaient tous les ans pour la récolte connaissaient le texte par cœur, les autres écoutaient avec attention mais dès qu’elle rejoignait son château , toujours avant la fin du repas, les plus vieux disaient qu’elle ne portait jamais de culotte, que plus d’un avait connu la chambre rose du domaine, le vieux lit à baldaquin en poursuivant par des histoires les plus incroyables qui transformaient la vieille grange en une auberge folle où les remarques les plus libertines et les chansons paillardes fusaient toute la nuit. Comme disait le plus vieux de tous, je suis foutu de partout, j’ai les pinces bouffées par le tanin , le dos cassé, la solde est maigre mais la cantine est potable et qu’est ce qu’on s’marre ! Certains habitaient le coin, d’autres dormaient dans des fermes voisines mais la plupart d’entre eux profitaient des anciennes écuries réaménagées qui offraient un lit, une douche mais alors la solde était encore plus maigre. Le matin il fallait qu’elle fasse l’appel. Il y en a qui dormaient encore, d’autres qui arrivaient toujours en retard et d’autres qui disparaissaient. Mais elle était honnête, les soldes étaient conservées comme les affaires. Il arrivait qu’une saison suivante, il y ait des revenants . Parfois, pour certains, elle s’inquiétait de leur histoire, pour d’autres , elle ne posait pas de question, mais elle les réinscrivait dans le livre vert, le grand livre des comptes. Les journées étaient très dures, le soleil de septembre parfois torturait encore. Quand il manquait du monde, elle s’y mettait aussi et les plus jeunes se demandaient vraiment, la voyant courbée, si sous ces jupons là, il n’y avait vraiment pas de culotte ! Parfois elle chantait au travail. Des chansons ridicules qui énervaient plus d’un mais quand ils se croisaient pour vider dans le tracteur, tout le monde lui souriait et la Castafiore repartait à la vigne avec son propre petit panier. Tous les soirs, toutes les fêtes, à un moment, dans la vieille grange, il avait le droit de monter sur sa scène. Ca se faisait simplement. Dans le vacarme très joyeux de l’auberge, il montait sur sa chaise et petit à petit le silence s’installait. Quand il fut complet, on avait l’impression que la lumière se baissait comme pour un levé de rideau, puis il fermait alors ses yeux et…On raconte qu’autrefois, de villages en villages, avant la projection, il était en première partie. Il aurait eu un âne, une roulotte, quelques bobines qu’il se faisait toujours livrer à la même gare, et des poèmes par milliard, oui, par milliard, qu’il connaissait par cœur et que lui, savait raconter. Même s’ il se disait tant et tant de choses au domaine, tous les soirs, avec écoute, talent, sur sa chaise, il…&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; 
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                <title>Le loup de la côte ouest</title>
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                <author>noreply@ (cultu)</author>
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                                                <pubDate>Fri, 18 Jul 2008 13:04:01 +0200</pubDate>
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                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cultu.hautetfort.com/media/01/02/1833378240.jpg&quot; id=&quot;media-1127905&quot; alt=&quot;Pfilm5601353250752.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-1127905&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Lorsqu’il claquait une portière, il le faisait toujours avec brutalité. Du moins, au début, j’ai cru qu’il était coléreux, comme des sauts d’humeurs. Il en était de même avec la porte du garage, la porte chez les uns, chez les autres, toutes les portes claquaient. Je me demande encore comment la Torino a pu autant résister. Les cascades, les vues magnifiques, la fonte des neiges qui à la fin du printemps formait des chutes, les cinquièmes au monde me précisait il, des chutes incroyables… Il y avait sur le mur de sa chambre des tas de photos de Fischerman's Warf , à l’époque de l’ancien port. Quand il voulait fuir, dans l’urgence, pour une ou deux heures, je me retrouvais enfermé dans sa piaule au Stratosphère où il était bagagiste, à l’écouter me raconter son histoire pendant qu’il décrochait avec soin tous ses souvenirs scotchés aux quatre murs de sa prison bruyante au dessus du casino de l’hôtel . Quand il fallait compter plus qu’une ou deux heures,&amp;nbsp; je savais que la vieille Ford nous emmènerait encore plus loin, pour un ou deux jours, parfois plus, en silence ou alors dans un monologue incroyable dans lequel il était capable de me raconter avec précision toute l’histoire de la côte ouest. J’ai cru souvent qu’il en rajoutait, qu’il en inventait même, mais un jour, vexé, il m’a planté dans un des huit états de la 66, une bonne heure qui m’a paru bien plus longue, tout seul, sur le bord de la route . Depuis, j’ai toujours cru toutes ses histoires, son histoire, comme celle de ce côté des états unis. J’ai jamais beaucoup aimé les westerns mais un matin, tôt, très tôt, il est venu frapper à ma porte pour que je sache où Hollywood venait tourner autrefois. Il me manquait mon premier expresso du petit italien en bas de chez moi, une douche fraîche, mais nous nous sommes retrouvés en pleine réserve indienne et dans un silence incroyable, nous avons regardé le jour se lever sur ce paysage que je n’oublierai jamais. J’ai du le suivre un peu partout, un peu n’importe comment. Bien sur que j’en étais très amoureux, à en perdre mon job, des jobs, des amis, ma chambre que je ne pouvais plus payer au black au gérant tordu d’un motel de bord de route qui n’a jamais voulu me rendre mes affaires. Mais quand on me posait des questions, je répondais que c’était uniquement pour la Torino. Nous sommes restés quelques temps à&amp;nbsp; Seligman, puis il a retrouvé une place au CAESAR'S PALACE. Un soir, le long de cette vieille route nationale, il a imaginé réanimer un vieux parc d’attraction abandonné dans la poussière. J’ai du me retenir de sourire, de rigoler, je n’avais pas envie de le vexer et qu’il me plante à nouveau, car ce soir là, il avait la même façon de me parler, si sûr de lui. J’ai du l’attendre tout un après midi&amp;nbsp; à&amp;nbsp; Peach Springs, au bar de notre motel. Je me souviens avoir dévoré ce jour là &quot;The Grapes of Wrath&quot;, le seul livre qu’il avait, celui que sa mère lui aurait offert pour ses dix huit ans et je n’avais pas vu le temps passer.&lt;br /&gt; Il m’avait promis de louer une Corvette un jour pour faire de la vitesse sur la vielle route. Il m’avait promis tant et tant de choses, je m’en foutais faut dire, comme le temps, le temps que je n’ai pas vu passer …&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; 
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                <title>Le ciel peut attendre</title>
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                <author>noreply@ (cultu)</author>
                                                <category>Raconte moi...</category>
                                                <pubDate>Wed, 02 Jul 2008 13:57:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cultu.hautetfort.com/media/00/01/1787981784.jpg&quot; id=&quot;media-1103926&quot; alt=&quot;Retrospectiva_Clasica_Ernst_Lubitsch.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-1103926&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;Sur le bord d’un bar, hagard, j’ai vu des verrines , des choses colorées, tu sais, du poisson , à la mode, ils en mettent partout . Du poisson, je déteste le poisson. L’endroit ne ressemblait pas à un décor en papier carton mais c’était bien du solide, petit, mais arrangé pour qu’il fasse grand. L’espace, tu sais, ce mot aussi , l’espace , est à la mode. Je le déteste aussi. J’ai du arrivé trop tôt , la lumière n’était pas la bonne, il y avait une petite agitation autour des tables, les serveurs chahutaient sagement, tout était blanc comme pour un mariage , un son très new age en sourdine tamisait l’ambiance . Je suis resté un long moment sur un des tabourets, tu sais, comme notre très vieux canapé anglais , capitonné et clouté main selon la tradition des anciens maîtres tapissiers. Ils étaient alignés , le cuir brillant , le long de l’immense bar en forme de S . J’ai demandé une coupe de champagne puisqu’ une bouteille dans un seau était déjà ouverte. Un jour , j’ai du monter à bord pour un dîner-croisière sur la Seine . Il pleuvait des cordes , comme aujourd’hui . Comme aujourd’hui aussi j’ai du venir. Il faut descendre un escalier de vieilles pierres , longer un long couloir voûté , pour se retrouver dans cette cave blanche . Mais tu sais, malgré ce petit parcourt , j’entendais quand même la pluie tomber dru , comme ce jour ennuyant lors de ce dîner sur la seine. J’ai imaginé une fenêtre cachée derrière un rideau rouge épais mais peut être pas assez épais . J’ai repéré mon nom sur&amp;nbsp; une table parmi cinq autres inconnus. Il y avait une faute . Il y a toujours une faute à mon nom. Ce n’était peu être pas le mien. J’ai du me faire offrir une seconde coupe . J’ai souhaité juste une coupe , une seconde coupe alors le barman avenant qui devait avoir une grande expérience de sa clientèle retourna poliment à l’autre bout du S. Nous nous sommes retrouvés soudainement comme dans le fond d’un bassin d’une piscine vidée. Il y avait au mur des mosaïques projetées , un bleu si bleu, une musique un peu plus présente . J’ai joué avec l’un des rideaux pour trouver la fenêtre, une fenêtre , entendre encore un peu la pluie avant le bruit.&amp;nbsp; Un homme grisonnant la cinquantaine habillé haute couture , trop maquillé , traversa la salle d’un regard froid pour inspecter son chantier . L’architecte s’avança vers moi, d’un sourire trop commerçant il me proposa de libérer le tabouret . Je n’avais pas terminé ma coupe, j’avais faim , il me présenta, de ses mots , « la bête », soulevant un drap blanc épais qui le protégeait. Il m’écœura soudainement autant que le lieu, les verrines, le bleu piscine en parlant ainsi de cet ange magnifique , de ce bijou si rarement rencontré, échoué, ici. Je lui fit remarquer que son Bechstein&amp;nbsp; avait une sonorité chaude et lyrique, un clavier précis et équilibré , mais qu’il était désaccordé.&lt;br /&gt; Il cru un instant à un caprice puis accepta un numéro dans mon petit carnet. Il pleuvait encore&amp;nbsp; mais je suis allé sur le boulevard marcher un peu , savourer un Quintero et comme le moment était délicieux, j’ai du le laisser s’éteindre et le rallumer plusieurs fois. J’ai marché longtemps , j’ai reconnu nos jardins, nos bancs, nos pavés, notre chambre sous les toits, j’ai marché encore, longtemps, longtemps avec toi.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je n’y suis jamais retourné.&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; 
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                <title>Forget me not    ( par linaigrette)</title>
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                <author>noreply@ (cultu)</author>
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                                                <pubDate>Wed, 02 Jul 2008 11:34:19 +0200</pubDate>
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                     ... tu sais j'adore marcher sur les chemins peu fréquentés... un jour de grande chaleur nous avions découvert ce village, Gargillesse... et puis au détour d'un petit champ la rivière... nous avions décidé de nous arrêter là quelques jours, loger chez l'habitant et l'habitant était frustre mais si compréhensif... en fin de matinée, avant que le soleil n'atteigne le haut du ciel, je me suis baignée... l'eau était d'une fraîcheur douloureuse au premier abord, mais si douce au bout d'un moment... le sable courait entre les orteils et me faisait rire... parfois un petit poisson égaré semblait en extase pas loin et s'enfuyait brusquement, profitant du courant... te souviens-tu de notre chambre atelier au toit pentu... de la fenêtre à petits carreaux ouvrant sur les blés... te souviens-tu que c'est là que tu as terminé la gravure de commande, si détaillée, si minutieuse que les lunettes te tombaient du nez... c'est là aussi que j'ai écrit une petite nouvelle... il faut bien vivre et j'aime tant vivre... te souviens-tu des oeufs frais pondus et des épinards si tendres que j'avais cuisinés à la crème... moi, je me souviens comme tu étais si réservé, si respectueux... comme j'aimais allumer le feu à la tombée de la nuit, quand déjà la hulotte crie dans le champ voisin... c'est au crépuscule que je m'asseyais au piano, les bougies coulaient sur le napperon blanc brodé par mes soins il y a longtemps... dans le silence nocturne la musique était là si moelleuse si virevoltante... en nous, en nous...&lt;br /&gt; l. 
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                <title>Forget me not</title>
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                <author>noreply@ (cultu)</author>
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                                                <pubDate>Tue, 01 Jul 2008 12:24:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cultu.hautetfort.com/media/00/00/1235963183.png&quot; id=&quot;media-1101896&quot; alt=&quot;485px-Sand-Nadar.png&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-1101896&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Eteindre des volcans, éteindre des volcans…Un jour il faudra graisser la porte , depuis le temps , la porte et les volets , arracher les mauvaises herbes…et le toit, le toit, l’état du toit…Elle hésita entre reprendre un bol de café tiède, se rallumer une cigarette, regarder à nouveau derrière elle , la maison , se taire, continuer à faire comme un inventaire de ce qui n’allait pas , repasser du marron sur ses lèvres, rejoindre son hôtel, les attendre, reprendre un taxi, marcher&amp;nbsp; en dehors des sentiers parce qu’il fallait marcher en dehors des sentiers se souvenait elle, pensant à son sable rouge, le lac et ses terrifiants crocodiles .&amp;nbsp; Cette journée , l’était elle aussi ? Toute petite, il lui racontait de ne jamais reprendre les mêmes chemins pour rentrer à la maison, d’éviter de parcourir toujours les mêmes sentiers, de rajouter tous les jours un nouveau mot à son vocabulaire , un mot inconnu, un mot à découvrir et d’écrire une phrase dans son cahier pour le retenir,&amp;nbsp; l’utiliser au moins une fois dans la semaine , regarder les oiseaux, les reptiles, les plantes, les connaître, les reconnaître. Il admirait les baobabs , mais son plus beaux souvenir c’était de marcher avec lui , ce paysage de savane arborée à perte de vue et la nuit, observer les oiseaux. Tao voulait l’accompagner mais à l’aéroport , juste avant d’embarquer , elle lui avait murmuré à l’oreille , comme pour le taquiner « Qu'ils soient riches ou même sans un sou, les hommes ont des sourires terribles … » puis sans se retourner, elle continuait à la chanter , sur la passerelle , presque à voix haute, sans une faute, sans une fausse note . Elle n ’avait pas de dates à lui proposer, ni d’heures, ni d’adresses , ce n’était pas le plus important, elle savait se diriger , il savait qu’elle saurait. Le soleil était au zénith , son paquet de tabac brun&amp;nbsp; terminé, elle souriait presque en pensant à ce vieil homme, ce vieil homme sur la moto .Il lui avait proposé un tout autre tarif alors elle avait accepté son vieux taxi à deux roues, la poussière, le bruit, sa voix rauque qui hurlait des histoires incroyables pendant la course. Au moment de payer, il lui raconta qu’autrefois, dans cette baraque, il y avait de la musique, de la bière, beaucoup de bière et bien d’autres alcools et que les femmes qui traînaient au salon étaient de «&amp;nbsp; mauvaises&amp;nbsp; » femmes. Elle aurait pu rester, les attendre, évoquer le passé mais aussi ce qu’ils étaient devenus mais il fallait qu’elle trouve un nouveau mot à son vocabulaire , un mot inconnu, un mot à découvrir et écrire une phrase dans son cahier pour le retenir,&amp;nbsp; l’utiliser au moins une fois dans la semaine…&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; 
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                <title>Il peut en avaler combien votre paquebot ?</title>
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                <author>noreply@ (cultu)</author>
                                                <category>Raconte moi...</category>
                                                <pubDate>Sat, 28 Jun 2008 09:27:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cultu.hautetfort.com/media/01/00/1338191980.jpg&quot; id=&quot;media-1097414&quot; alt=&quot;clown.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fallait le voir diriger les camions pour que l’ogre les avale. Il rêvait d’un taureau mécanique, son taureau, son attraction. Il connaissait tellement les chiffres… Le Kamikaze mesure 20 mètres de hauteur, 18 mètres de longueur et 8 mètres de largeur … J’ai 42 ans le 4 juillet ...Parfois je danse avec loups ... 50 attractions sur un minimum de 15 hectares , mais faut rajouter pour les croqueurs . ..Un jour à Newcastle il a vu « Angel of the North » . .. La sculpture d’Antony Gormley c’est 20 mètres de haut et 54 d’envergure !... C'est une attraction à sensation forte avec des accélérations à 4G , 4 fois le poids de votre corps, en positif et en négatif…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il peut en avaler combien votre paquebot ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En fait, il avait toujours des questions et des tas de questions à poser, des chiffres à raconter, les écouteurs de son lecteur collés en permanence à ses oreilles . Même pour manger, dormir, il y avait continuellement du bruit dans sa tête, il faisait des rêves incroyables, extraordinaires qu’il fallait qu’il partage dès son réveil,avec les autres, parfois les clients, parfois aux loups, parfois à maman. Tous les soirs quant elle faisait sa caisse, elle le laissait tourner sur sa chenille toutes lumières éteintes. Le manège tournait ainsi dans la nuit noire et silencieuse rythmé par les seuls bruits mécaniques de l’attraction, bruits qui s’accéléraient quand la vitesse augmentait. Il était là, cheveux aux vents, les yeux clos, les bras en croix , un sourire magnifique affiché,figé . .. Un jour à Newcastle il a vu « Angel of the North » ... La cabine était à peine éclairée , elle remplissait les pièces dans les tubes, elle le voyait ,là, immobile , comme une statue, tourner de plus en plus vite, comme il aimait.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Elle râlait souvent après lui quand il causait trop fort mais c’est à cause des oreillettes à fond la caisse comme elle disait. J’suis pas sa mère , j’ai pas à lui gueuler d’sus mais il va d’venir sourd dingue , puis elle pouffait d’rire comme si c’était si drôle ce qu’elle venait de dire en reposant la bouteille de Blend. Parfois, je le laissais tourner un peu plus, le temps de détacher les loups , de leur préparer leurs gamelles, de lui étendre sa lessive , lui faire le lit, lui préparer son repas. Un jour, j’ avais voulu l’embrasser comme on embrasse son enfant mais il m’avait allongé aussi sec une droite . Il avait hurlé « décollage immédiat » , hurlé si fort que …Il m’avait répondu que je n’avais jamais eu d’enfants alors comment j’ pouvais savoir comment il fallait embrasser un enfant. Je ne lui en ai jamais voulu. Une fois,il est venu comme tous les soirs, pour son tour de manège ,avant la caisse et j’ai essayé de lui expliquer , d’lui dire, que peut être, elle aussi, elle cherchait.&lt;br /&gt; Il m’a regardé un instant avec son sourire magnifique puis il est allé s’assoire dans la chenille, les bras en croix, il a fermé les yeux et avant d’hurler « « décollage immédiat », il m’a dit :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; - Alors, on s’cherche tous une mama !!!&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt; 
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                <title>Boulevard Thiers</title>
                <link>http://cultu.hautetfort.com/archive/2008/06/22/boulevard-thiers.html</link>
                <author>noreply@ (cultu)</author>
                                                <category>Raconte moi...</category>
                                                <pubDate>Sun, 22 Jun 2008 23:47:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;p style=&quot;background-color: #000000&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#FFFFFF&quot;&gt;&lt;b&gt;Quand elle me faisait traverser la grande route, elle m’empoignait. Ses vieilles mains tachées me serraient très fort&amp;nbsp;, elle tournait la tête ,de droite et de gauche, plusieurs fois, avant de se lancer. En été , derrière la vieille battisse de briques rouges, il y avait des fous qui se jetaient dans le vide du haut d’un dix mètres. J’ai vu l’homme canon retomber sur un matelas géant, un jour, dans une épaisse fumée blanche sous les applaudissements de la foule, la fanfare de l’immense parade qui venait de parcourir la ville, les odeurs de la ménagerie , les fanions multicolores qui claquaient au vent du Nord sous ce soleil de juillet. La cour était minuscule mais nous pouvions à la craie dessiner des poissons , un pendu, une marelle, un sens interdit ,des étoiles, des mots d’amour, d’autres, obscènes, des flèches dans tous les sens dont une qui menait à la planche trouée&amp;nbsp;.Le trou dans le seau en plastique, son couvercle, des journaux empilés, des mouches, des mégots écrasés, une très vieille carte postale usée sur la porte du &quot;clown triste&quot; de Buffet , une autre rigolote de Poulbot&amp;nbsp;: t’as pas de culotte&amp;nbsp;! Non, il fait trop chaud. Dans la pleine nuit silencieuse et mystérieuse malgré ce vent des premiers jours ensoleillés qui secouait bruyamment les tuiles du toit amoché , je l’entendais pisser dans son pot de chambre en métal , l’imaginant relever sa vieille robe de chambre épaisse , sa chemise de nuit, baisser l’une des ses larges culottes comme celles suspendues sur le long fil du jardin&amp;nbsp;; la vieille cour ,tard, était si froide. Sous son lit, aussi, des tas et des tas de magazines sur la mode à Paris, des mots fléchés incomplets, des recettes découpées, des pages cornées sur des histoires à l’eau de rose pas terminées , une paire de tong , un rouleau de papier toilette , des chaussettes orphelines , un bas à varices et de nombreux papiers de bonbons de toutes les couleurs, comme les craies de la cour où nous pouvions dessiner.Sur un vieux Radiola à six énormes piles, je l'ai souvent entendu chanter de sa cuisine l'amour à l'eau de rose comme dans ses magazines en épluchant les patates du midi alors que sur le trou dans le seau en plastique de la cour, la porte grande ouverte, je regardais dans le ciel, par dessus les maisons rouges, ces fous qui du haut d'un dix mètres plongeaient dans l'eau glacée de la piscine municipale. J'aurais tant aimé savoir lancer haut la baguette et la faire tourner entre mes doigts comme les majorettes de la parade mais je n'étais pas si agile, je ne pouvais que parader au pas militaire entre les trois murs faisant claquer mes souliers du dimanche sur le pavé humide et frais de la petite cour triangulaire . J'ai vu un Monsieur Loyal allumer une longue mèche pétaradante comme le feu d'artifice d'un 14 juillet pour que l'homme canon s'envole dans les airs pour retomber sur un matelas gigantesque, loin, très loin sous des tonnerres d'applaudissements avant que la foule s'engouffre sour ce chapiteau géant pour que le spectacle , enfin, commence. J'ai vu tant de femmes aux seins nus couvertes de savon, d'autres enroulées dans de si grandes serviettes de bain, les cheveux tressés dans des tissus éponges , des odeurs de corps et de savon de marseille , de l'eau, mousseuse, blanche, se répandre sur le carrelage jaune ,de la buée sur des miroirs abimés , des bancs blancs comme ceux d'un hopital , inconfortables, où papotaient les dames qui se rasaient les poils des jambes ou parfois la moustache , l'eau était si chaude . Je me souviens de toutes ses mains qui autrefois me savonnaient , me rinçaient pour après m'envelopper dans ces serviettes rèches.Les mains de ces vieilles femmes qui me séchaient,m'enlassaient, m'habillaient, me coiffaient . J'ai du des milliards de fois fermer les yeux quand leurs tendres baisers me couvraient, même si j'étais si impatient de pouvoir un jour ,après la caisse , emprunter seul ,enfin, le couloir réservé aux hommes qui menait aux douches . J'adorais les hivers interminables lorsque nous y allions trois fois par semaine , le souvenir de toutes ses mains qui me frictionnaient la tête longuement pour sécher mes si longs cheveux bruns pour qu'elle puisse me couvrir de ce bonnet de laine rouge avant de quitter les bains douches et traverser le boulevard Thiers .J'ai vu ce clown acrobate, contorsionniste, jongler avec des tartes à la crème puis s'enfermer dans une valise aussi grande que la mienne, le jour où tu m'as arraché, un train,puis d'autres, pour Cancale, l'école militaire. J'ai appris à marcher au pas , baisser les yeux, pêcher des couteaux avec un peu de sel, gonfler des voiles, t'écrire sans faire de fautes , sourire sur les photos de classe , manger des épinards et des oeufs à la crème béchamel, prier leur dieu, levé le drapeau aux aurores, chanter en canon devant des chefs et des sous chefs , puis un jour je n'ai plus reçu de colis. J'ai longtemps cru qu'elle m'en voulait de ne pas être le premier jusqu'à ce que je comprenne que c'est toi papa qui a tué grand maman.Depuis, seul, j'emprunte le couloir réservé aux hommes qui mène aux douches.&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; 
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                <title>Mamie je t'aime</title>
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                <author>noreply@ (cultu)</author>
                                                <category>Raconte moi...</category>
                                                <pubDate>Tue, 17 Jun 2008 14:51:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cultu.hautetfort.com/media/02/00/232671848.jpg&quot; id=&quot;media-1078425&quot; alt=&quot;img029.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-1078425&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;J’ai du rêver qu’elle me tienne la main . Non, elle ne me tenait pas la main, elle me l’écrasait. Traverser la route, les routes , c’était une aventure inquiétante. Tout était inquiétant pour elle : Traverser la route, un chien sur le passage, parler aux guichets, la marche de l’escalier du bus, louper le train pour&amp;nbsp; Paris, le long tapis mécanique à Montparnasse, la café en terrasse qui tardait, les piétons pressés, le strapontin du métro qui n’était jamais libre, la gare de triage qui la nuit gémissait acier, les néons verts et rouges plus bas, les dames trop bien habillées, les inconnus au téléphone, l’achat de son billet de retour, qui allait pouvoir l’accompagner jusqu’à la gare du Nord, trouver un taxi qui ne lui fasse pas, pensait elle, visiter tout Paris …Tu sais, elle commence à être très âgée, c’est normal, cette anxiété. Mais un jour bien avant qu’elle ne s’endorme pour toujours, elle m’avait raconté que déjà, toute petite, même bien avant les guerres, elle avait peur. Elle avait toujours eu peur ,de tous, de tout , même mariée, elle …Tu sais, je ne l’explique pas, c’est comme ça, bien sur que je l’ai aimé, très fort, mais de toute façon , toutes les jeunes femmes devaient se marier . J’ai eu peur de tout, du jour, de la nuit, de la vie, mais de toutes mes blessures, de toutes mes cicatrices ouvertes qui ne se refermeront jamais , ce qui me fait encore plus mal , c’est qu’eux aussi, ils ont peur… comme toi !&lt;br /&gt; &amp;nbsp;Tu sais, je ne l’explique pas ...&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; 
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